Vingt organismes ont déclaré que les prestations d'assistance sociale de l'État étaient la forme de revenu que leurs clientes touchaient le plus souvent. Trois organismes ont indiqué que la principale source de revenus de leurs clientes était un emploi rémunéré, suivie des prestations d'assistance sociale. Dix organismes ont dit que certaines clientes subvenaient à leurs besoins par des moyens illégaux comme le vol, la fraude, le vol à l'étalage ou la prostitution. Les prestations d'invalidité, les fonds des bandes autochtones, l'aide à l'enfance pour les jeunes et les revenus de pension des personnes âgées constituaient d'autres exemples de soutien du revenu. Deux organismes ont déclaré que certaines de leurs clientes ne bénéficiaient d'aucune aide financière.

En ce qui concerne la santé mentale de leurs clientes, tous les organismes ont répondu que les femmes qu'ils voient éprouvent des problèmes comme la violence subie pendant leur enfance, l'automutilation, le suicide, le chagrin, la toxicomanie et la violence à l'endroit des femmes. Sur les 22 organismes, 17 ont déclaré qu'ils voient également des femmes séropositives ou sidéennes et 19 ont indiqué qu'ils voient des femmes qui souffrent de troubles de l'alimentation. Vingt et un organismes ont déclaré qu'ils desservent des femmes qui ont fait l'objet d'un diagnostic psychiatrique, et un organisme a dit qu'il n'était pas au courant du diagnostic psychiatrique de ses clientes. Le diagnostic psychiatrique le plus fréquent applicable aux femmes desservies par les organismes était le trouble bipolaire, le trouble de la personnalité (comme le trouble de la personnalité limite), la dépression, le trouble anxieux, le syndrome de stress post-traumatique et la schizophrénie. Trois organismes ont indiqué que le diagnostic chez leurs clientes avait été modifié récemment, car on disait plus souvent précédemment qu'elles souffraient de trouble dissociatif de l'identité. Deux organismes ont indiqué qu'ils avaient constaté récemment une hausse de diagnostics du syndrome d'alcoolisation fœtale et du trouble déficitaire de l'attention.

PRINCIPALES CONCLUSIONS : SERVICES DE SANTÉ MENTALE

Méthode de prestation des services

Même si certains organismes ont reçu des rapports du SCC et d'autres rapports psychiatriques sur les besoins des délinquantes en matière de santé mentale et les diagnostics psychiatriques qui s'appliquent à celles-ci, la plupart des organismes ont déclaré qu'ils s'en remettent également aux propres évaluations du travailleur et aux déclarations des femmes. Toutefois, les organismes adaptent les services de counseling aux problèmes que rencontrent les femmes au lieu de recourir aux descriptions médicales de ces problèmes (c.-à-d. diagnostics psychiatriques). Par exemple parmi les programmes des organismes qui offrent des services intensifs de counseling individuel et collectif, les programmes les plus courants sont les programmes de traitement des victimes de violence sexuelle (guérison d'un traumatisme) et des toxicomanes, les programmes de maîtrise de la colère et les programmes en matière de fraude et de vol à l'étalage. Deux organismes ont également des cercles de guérison autochtones à l'intention de leurs clientes.

En réponse à la question du sondage demandant aux organismes de décrire leur « modèle de traitement » ou « approche », la plupart ont déclaré qu'ils n'offraient pas de « traitement », mais des services de « soutien ». Toutefois, tous les organismes ont fait état d'une orientation théorique. Le fil conducteur théorique ou philosophique commun pour tous les organismes consistait à « commencer là où les femmes en sont rendues ». En outre, tous les organismes ont fait état de la nécessité d'aider les femmes à créer des choix au moyen d'une aide « respectueuse », « holistique », « dénuée de jugement » et « positive ». Deux organismes ont décrit leur approche comme étant « éclectique », et un organisme a ajouté qu'il aidait les femmes à modifier leur schéma de pensée. Deux organismes ont indiqué que leurs services consistaient à aider les femmes à prendre conscience des effets que les inégalités et obstacles systémiques avaient eus sur leurs choix et leurs expériences. Deux organismes ont également déclaré que leurs services étaient « fondés sur les points forts ».1

 

1 Une approche fondée sur les points forts consiste à faire appel aux capacités des clients au lieu de recourir à des méthodes de correction des lacunes qui mettent l'accent sur les limites et les problèmes individuels. (Voir D. Saleeby [1992], The strengths perspective in social work practice et Katherine Van Wormer [2001], Counselling Female Officers and Victims: A Strengths-Restorative Approach).


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