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Position de lAssociation canadienne des Sociétés Elizabeth Fry (ACSEF) à légard de la classification et du placement carcéral des femmes classifiées en sécurité maximum Identification des sujets traités Récemment, des individus du Service correctionnel du Canada (SCC) ont fait un certain nombre de propositions concernant le placement carcéral de l'hébergement des femmes purgeant une peine fédérale classifiées sécurité maximum. Ces options incluent la construction de nouvelles prisons à sécurité maximum, lincarcération des femmes dans des unités isolées dans des prisons pour hommes et la construction de nouvelles unités à sécurité maximum dans les prisons régionales pour femmes. LACSEF demeure ferme sur sa position à savoir que toutes les femmes purgeant une peine fédérale doivent être emprisonnées dans les nouvelles prisons pour femmes et ce, dans leur région respective ou à loge de guérison Okimaw Ohci et, que de nouvelles unités à sécurité maximum ne doivent pas être construites dans ces prisons. LACESF croit quattribuer différents niveaux de sécurité à la population des femmes purgeant une peine fédérale ne sert aucun but utile. La position de lACESF à cet égard est compatible avec la majorité de la revue de la littérature en concluant que les femmes sont surclassifiées lorsque les outils conçus pour les hommes sont appliqués à elles (Programme des femmes purgeant une peine fédérale (PFPPF), Analyse des recherches, SCC, 1994). Cependant, nous reconnaissons quune telle détermination est une question damendement législatif puisque actuellement la section 30 de la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition (LSCMLC) exige qu'à tous(es) les détenu(e)s purgeant une peine fédérale soit attribué un classement de sécurité minimum, médium ou maximum. LACESF croit aussi que le nombre de femmes classifiées sécurité maximum est beaucoup trop élevé. Selon nous, cette réalité existe pour les raisons suivantes: 1) le système actuel de classification nest pas approprié aux femmes et lorsquil est appliqué aux femmes purgeant une peine fédérale, résulte dans leur sur-classement; 2) la classification, comme détenues sécurité maximum, des femmes qui sont identifiées par le SCC comme ayant des besoins en santé mentale, afin de permettre au SCC de les placer dans un environnement plus contrôlé pour le traitement, enfreint les dispositions dégalité de la Constitution. 1)Système actuel de classification Dans le présent document, lACSEF nabordera pas la question de savoir si le système de classification actuel répond aux exigences prévues par la LSCMLC lorsquil est appliqué aux hommes purgeant une peine fédérale. Nous nous contentons cependant de dire quil a été maintes fois reconnu que le système actuel, qui a été conçu pour les hommes, résulte en une importante surclassification lorsquil est appliqué aux femmes purgeant une peine fédérale. Ceci est particulièrement vrai dans le cas des femmes autochtones qui sont classifiées sécurité maximum dune façon disproportionnée. En effet, 41% des femmes purgeant une peine fédérale qui sont classifiées en sécurité maximum sont autochtones alors que les femmes autochtones représentent seulement 18.7% de la population totale des femmes purgeant une peine fédérale et moins de 2% de la population du Canada. La détermination de la classification de sécurité, conformément aux dispositions de la LSCMLC, est basée sur lévaluation par le SCC de la probabilité dévasion de chaque détenu(e), du niveau de risque pour la sécurité du public si le(la) détenu(e) sévade et du degré de supervision et de contrôle requis dans lenvironnement carcéral. Ainsi que la section 17 des règlements le précise, les détenu(e)s représentant un plus grand danger et ayant besoin de plus de contrôle, seront soumis(es) à des conditions demprisonnement plus restrictives. Parce que les évasions de prison par des femmes se produisent très rarement et que par conséquent elles nont pas été suffisamment étudiées, il est impossible de faire des prédictions valables au sujet du risque dévasion des femmes. De plus, en raison du contexte complètement différent, tout échec antérieur de retour dune permission de sortie nest pas considéré comme un bon prédicateur du risque dévasion. Le risque pour la sécurité du public est aussi difficile à prédire pour les femmes parce que celles-ci ont un taux de récidiviste général inférieur aux hommes; ajoutons aussi quun plus petit pourcentage des crimes commis par les femmes sont de nature violente (PFPPF, Analyse des recherches, SCC, 1994). Une évaluation du risque non basé sur le sexe mais sur les délits des femmes nenglobe pas les circonstances dans lesquelles les femmes participent à des délits violents et le fait que ces délits sont réactifs et situationnels dans la majorité des cas. De plus, les délits des femmes ne sont pas mis en contexte ou reliés à leur participation dans une violence institutionnelle, ou à des difficultés de comportement en prison (Shaw, M. et Dubois, S., Comprendre la violence exercée par des femmes: un examen de la documentation, SCC, 1995). Lhistoire sociale dun(e) détenu(e) est listé parmi les facteurs énumérés dans la section 17 des règlements qui doivent être pris en considération dans la détermination du niveau de classification de sécurité approprié. Ces facteurs sont évalués par le SCC selon lidentification des besoins et la composante danalyse de lévaluation à ladmission du(de la) délinquant(e). Essentiellement, ceci signifie que les expériences antérieures et le degré de désavantage du(de la) détenu(e) avant lincarcération sont identifiés puis évalués dune manière qui les identifient sur fond comme de facteurs de besoins pour généralement ensuite les convertir en facteurs de risque. Le SCC utilise les facteurs de risque pour identifier et évaluer les détenu(e)s ayant besoin dune classification de sécurité élevée. Par exemple, si une personne est évaluée comme ayant été victime dabus par le conjoint ou était considérée comme sans emploi lors de son arrestation, elle sera identifiée comme ayant un « besoin » dans ces secteurs. Plus le nombre de besoins identifiés est élevé, plus la classification de sécurité sera élevée. Voici quelques exemples de critères mesurant la nature et le degré de désavantage: bas niveau déducation, pauvre historique demploi, enfance manquant dattaches familiales, problèmes physiques entravant le travail. Certains critères ne mesurent pas de désavantage du tout. Ils exposent plutôt des préjugés explicites autant quimplicites sous forme de normes de comportement de la classe moyenne. De plus, ils attachent une signification à la déviation de telles normes. Voici des exemples de ces critères: aucun compte bancaire, aucun(e) collatéral(e), aucun passe-temps, ne participe pas aux activités organisées, a eu recours au bien-être social; manque daptitude/métier/profession, demeure dans un secteur criminogène, pas de lien avec aucun groupe communautaire, pauvre entretien de la résidence. Il y aussi dautres critères qui ouvrent la possibilité dune interprétation dun besoin qui est raciste ou homophobe. Voici des exemples de critères qui représentent ces préjugés discriminatoires: lethnicité est problématique, la religion est problématique, préférences sexuelles inappropriées, les attitudes sexuelles sont problématiques. En général, plusieurs des critères exigent que les employé(e)s du SCC effectuent des évaluations subjectives de leur respective applicabilité à chaque détenu(e). Par conséquent, les évaluations individuelles des détenu(e)s dépendent beaucoup du jugement du personnel. Une étude de 1997 du personnel de recherche du SCC ("Détenus à sécurité maximale sous responsabilité fédérale: comparaison entre les sexes") comparait les caractéristiques dun groupe de prisonniers et de prisonnières qui avaient été classifiés comme sécurité maximum lors de ladmission à la prison. Lorsque les classifications avaient été attribuées, les mêmes critères avaient été appliqués aux hommes et aux femmes. Aucune considération navait été donnée de quelque façon que ce soit sur la manière que les différents critères pourraient avoir un impact différent sur les femmes et sur les hommes, particulièrement en terme de comment ils pourraient affecter leur degré de risque selon la signification de la section 17 des règlements. Comme on pouvait sy attendre, lorsque les mêmes critères étaient appliqués aux deux groupes, les résultats de létude indiquaient que les deux populations de sécurité maximum démontraient un historique de désavantage similaire. De plus, les femmes sécurité maximum démontraient un plus grand désavantage et un nombre de besoins plus élevés dans les secteurs tel que labus de drogue, labus par le conjoint, expériences fréquentes de victimisation dans des relations sociales. Est-ce que cela signifie que le SCC croit que les femmes purgeant une peine fédérale en sécurité maximum ont besoin de plus de mesures de sécurité que les hommes purgeant une peine fédérale en sécurité maximum? Si la réponse est non, pourquoi la distinction na-t-elle pas été articulée? Un autre rapport de recherche de 1997 préparé par le SCC ("Évaluation du risque et des besoins chez les délinquantes sous responsabilité fédérale: comparaison des détenues dites à sécurité minimale, moyenne et maximale") conclut que "plus nombreux sont les facteurs multiples de risque et des besoins évalués à l'admission dans un établissement fédéral" (p.22) et "plus le niveau des besoins était élevé, plus l'était le niveau sécurité" (p.23) Encore une fois, ce nest pas surprenant si on prend en considération que la détermination de la classification de sécurité dépend de lidentification des besoins (p.2). Cette étude confirme simplement que lorsque les critères sont appliqués aux femmes, celles en sécurité maximum sont identifiées comme ayant un plus grand historique de désavantages ou besoins que les femmes avec des classifications de sécurité moins élevées. En mettant de côté la question de la justesse des critères dévaluation des besoins eux-mêmes, la seule façon que les besoins peuvent être pertinents à déterminer la classification de sécurité est sils sont visiblement reliés aux considérations établies dans les règlements. La section 17 ne spécifie pas que la classification de sécurité doit être basée sur les besoins mais seulement sur le potentiel dévasion, le risque pour le public s'il advient une évasion et le niveau de supervision et de contrôle requis en prison. Même si le SCC a essentiellement mis les besoins sur le même pied que le risque, il ny a aucun lien démontré entre létablissement des critères dans lanalyse des besoins qui est utilisé comme partie intégrante du processus de classification et des genres de risque prévus aux règlements qui exigent laugmentation des mesures de sécurité. De plus, il y a une sérieuse faute constitutionnelle à légard des critères utilisés dans le système de classification. Plusieurs des critères ciblent le désavantage expérimenté par les femmes comme une avenue pour augmenter leur classification de sécurité. Le résultat est que les prisonnières purgeant une peine fédérale les plus désavantagées sont plus probablement sujettes aux conditions demprisonnement les plus restrictives. Leffet dune classification de sécurité maximum va plus loin que les conditions demprisonnement physiques et inclut des occasions de participer à des programmes de travail sérieux et de vocation, des placements à l'extérieur pour fins de travail, autres permissions de sortie, considération favorable pour une libération conditionnelle par la Commission Nationale des libérations conditionnelles (CNLC). Les restrictions basées sur le désavantage, sans preuve que les restrictions proposées sont nécessaires, enfreignent les dispositions dégalité de la Charte canadienne des droits et libertés. Il est du point de vue de lACSEF que cela, à son tour, impose un devoir au gouvernement de ne pas exacerber le désavantage des femmes purgeant une peine fédérale dun tel impact et daméliorer les conditions discriminatoires. En plus des commentaires généraux précédents, lorsque les critères sont appliqués aux détenues autochtones, il y a clairement un important impact défavorable sur celles-ci, tel que prouvé par le nombre disproportionné de femmes autochtones qui sont classifiées sécurité maximum. Par conséquent, en plus de la littérature en science sociale qui suggère que le système de classification actuel nest pas valide pour les femmes de la façon dont il est actuellement conçu et appliqué aux femmes, il enfreint les dispositions dégalité de la Charte. 2) Femmes avec des besoins en santé mentale Plusieurs des femmes purgeant une peine fédérale qui sont actuellement classifiées sécurité maximum sont des femmes qui sont identifiées par le SCC comme ayant des besoins en santé mentale. La réalité pratique est que les besoins en santé mentale sont mis sur le même pied que le risque. Les handicaps physiques et mentaux sont inclus dans la section 17 des règlements comme des facteurs qui doivent être pris en considération pour déterminer la classification de sécurité. Cependant, ceci ne signifie pas que la présence dun handicap doit résulter dans une classification de sécurité plus élevée. Les troubles de santé mentale qui handicapent créent sans aucun doute de très réels besoins pour les femmes purgeant dans peine fédérale et par conséquent, pour le SCC. Mais, mettre les troubles de santé mentale sur le même pied que les risques sert seulement à perpétuer une construction sociale de personnes avec des troubles mentaux comme dangereuses. Il s'agit précisément du genre de stéréotype qui est prohibé par les dispositions dégalité de la Charte. Plusieurs des femmes identifiées avec des besoins en santé mentale ne posent pas les risques qui sont prévus par la section 17 des règlements. Très certainement, certaines femmes avec des besoins en santé mentale ont besoin d'un soutien additionnel pour fonctionner à un niveau de sécurité minimum, en raison de leur handicap. La section 15 de la Charte a été interprétée par les tribunaux afin de clarifier quun traitement égalitaire ne veut pas nécessairement dire le même traitement. Les personnes handicapées, par exemple, peuvent avoir besoin que des mesures spéciales soient implantées afin de leur fournir le même niveau de service que pour la communauté non-handicapée. De la même façon, si une femme purgeant une peine fédérale avec un handicap mental a de la difficulté à se débrouiller à un bas niveau de sécurité, la réponse nest pas délever son niveau de sécurité mais plutôt de lui offrir le soutien additionnel quelle a besoin à cause de son handicap afin de laider à fonctionner à ce bas niveau de sécurité. Le rapport du SCC Stratégie en matière de santé mentale pour les délinquantes plaide pour un environnement structuré et contrôlé afin d'offrir un traitement en santé mentale. Même si approprié pour certaines des femmes actuellement classifiées en sécurité maximum, ceci ne répond pas aux besoins de toutes. Dans un rapport de 1996 intitulé Donnez-nous une chance - L'évaluation des besoins, les ressources en santé mentale pour les femmes sous responsabilité fédérale dans les établissements régionaux le docteur Margo Rivera révise les besoins en santé mentale de vingt-six (26) femmes pour lesquelles le SCC était préoccupé quelles ne pourraient pas fonctionner pas adéquatement dans les nouvelles prisons régionales. On lui a demandé si oui ou non les prisons régionales avaient le niveau de service en santé mentale approprié pour permettre aux femmes de se débrouiller et ce, avec les responsabilités incluses de vivre dans un environnement moins sécuritaire. Le docteur Rivera a identifié seulement huit (8) femmes dans la population totale des femmes purgeant une peine fédérale à travers le pays comme ayant des besoins en santé mentale exigeant un environnement très structuré. De plus, elle a constaté quaucune des nouvelles prisons, de la façon dont elles étaient gérées, avaient la capacité daccommoder un tel environnement. Lune des recommandations du docteur Rivera était que dans chacune des prisons régionales, une maison soit dédiée et possède les ressources nécessaires aux besoins des femmes qui ont besoin dun programme intensif de guérison de longue durée. Elle a aussi suggéré, en attendant, quun programme intensif soit développé et établi à lextérieur ou séparé des prisons régionales. Le docteur Rivera a recommandé que cette maison de guérison soit rapidement établie pour les huit (8) femmes quelle avait évaluées comme ayant besoin de plus de structures. Au lieu dimplanter cette recommandation, il semble que le SCC a extrapolé du rapport du docteur Rivera que les femmes identifiées avec des besoins en santé mentale doivent être traitées dans des environnements très structurés et contrôlés qui ne peuvent pas être offerts dans les nouvelles prisons. Pendant la conférence du 15-16 octobre 1997 Mental Health Problems of Women Offenders: Second Annual Queens Conference on Mental Health Issues in Correctional Services, le docteur Rivera a clarifié que son rapport ne pouvait pas être lu de façon à justifier lemprisonnement des femmes avec des troubles de santé mentale dans des unités séparées dans des prisons pour hommes. Elle a aussi indiqué que les résultats de son étude ne concluaient que ces femmes devaient être exclues des prisons régionales. Utiliser le besoin dun traitement pour santé mentale comme une raison pour classifier les femmes en sécurité maximum impose un traitement sévère sur ces femmes. Et, parce la classification est basée sur leur handicap, ceci est clairement discriminatoire et contraire à la section 15(1) de la Charte. La proposition de lACSEF Si la classification de sécurité des femmes purgeant une peine fédérale était basée sur le comportement démontré et les réussites individuelles à lintérieur des cadres institutionnels, à lopposé de prédictions basées sur des critères qui nont pas été démontrés comme ayant un lien sérieux avec le risque, et si les femmes avec des troubles de santé mentale obtiennent le soutien nécessaire pour les aider à maintenir un bas niveau de sécurité, alors le nombre de femmes recevant une classification de sécurité maximum serait peu élevé. L'ACSEF croit que toutes les femmes purgeant une peine fédérale doivent être incarcérées dans les nouvelles prisons régionales et que toutes les femmes autochtones qui choisissent de sengager dans un processus de guérison doivent avoir accès à la loge de guérison Okimaw Ohci. Ceci était le plan qui avait été adopté par le SCC afin de faire suite au dépôt en 1990 du rapport du Groupe d'étude sur les femmes purgeant une peine fédérale, Création de choix. La recherche approfondie conduite par et pour le Groupe de travail, et aussi une recherche ultérieure, et la planification dactivités menée depuis par le programme des femmes purgeant une peine fédérale, renforcent la validité de cette approche. Même si le rapport Création de choix a été caractérisé par le SCC comme un énoncé philosophique et non un document opérationnel, la plupart du matériel produit par le programme des femmes purgeant une peine fédérale est spécifiquement orienté vers limplantation de lapproche philosophique adoptée par le gouvernement en 1990. Il est aussi important de mettre lemphase sur le fait que les raisons offertes par le gouvernement pour abandonner le plan demprisonner toutes les femmes dans les nouvelles prisons régionales étaient les conclusions du rapport du docteur Rivera et les incidents qui se sont produits à l'Établissement de détention dEdmonton en 1994 (tel quargumenté dans une lettre de O. Ingstrup (SCC) à K. Pate (ACSEF), en date du 19 août 1996). Le fait que le rapport du docteur Rivera ne soutient pas cette approche a été expliquée ci-dessus. De plus, les incidents dEdmonton ont été le sujet dun Comité national denquête et les résultats de celui-ci ne suggère pas que les femmes à sécurité maximum ne peuvent pas être emprisonnées dans les prisons régionales mais plutôt quil y avait un nombre important de failles critiques dans les opérations de lÉtablissement de détention pour femmes dEdmonton (EDFE). Par exemple, le rapport denquête indique que la prison a ouvert malgré le fait que la construction des installations nétait pas complétée, que la formation du personnel était insuffisante, qu'il y avait peu de programmation et peu ou pas du tout de traitement psychologique ou thérapeutique. De plus, le docteur Rivera identifie dans son rapport le retrait brusque de médication psychotrope pour un certain nombre de femmes comme ayant contribué à linstabilité des femmes dans la population de la prison EDFE. Il est du point de vue de lACSEF quun rapport du Comité denquête qui jette le blâme sur le SCC de faillir à opérer la prison de façon adéquate naurait pas dû être utilisé pour justifier lexclusion des femmes sécurité maximum de toutes les prisons régionales et de la loge de guérison Okimaw Ohci. Il est aussi extrêmement important de noter que plusieurs des femmes impliquées dans les événements de 1996 à Edmonton nétaient pas classifiées sécurité maximum et que dautres navaient pas cette classification avant leur arrivée à EDFE. Finalement, nous devons signaler quavant louverture des prisons régionales, dans les régions de l'Ontario et des Prairies, le SCC tentait de développer des stratégies d'hébergements alternatives pour les femmes purgeant une peine fédérale. Ceci avait été occasionné par laugmentation du nombre de femmes purgeant une peine fédérale dans ces régions excédant la capacité des prisons régionales pour femmes. Afin daborder ces problèmes d'hébergement, le SCC considérait le même genre doptions quil a par la suite choisi dutiliser pour faire suite aux incidents à EDFE, notamment, une nouvelle construction à lintérieur des prisons régionales pour femmes ou le placement des femmes dans des unités de prisons pour hommes. Sécurité minimum Pour faire suite aux incidents survenus à EDFE au printemps 1996 et avant la décision du SCC de changer la politique de façon à exclure les femmes classifiées sécurité maximum dans les nouvelles prisons régionales, le SCC avait décidé daméliorer les mesures de sécurité statiques dans toutes les prisons régionales et à la loge de guérison Okimaw Ohci. Pour y parvenir, des clôtures de sécurité ont été érigées, des fils barbelés, de nouvelles caméras et autres appareils de sécurité ont été installés. Le résultat est que les femmes classifiées sécurité minimum et médium sont maintenant soumises au même périmètre de sécurité. Selon lACSEF, cette situation crée une distinction importante entre le traitement des femmes et des hommes classifiés sécurité minimum. Les hommes sécurité minimum vivent dans des prisons sans clôture. La distinction représente plus quune différence dans la structure physique et inclut la disponibilité des placements à l'extérieur pour fins de travail, des permissions de sortie, des opportunités demploi et autres plans de mise en liberté ainsi que la probabilité dune considération favorable de la CNLC. Initialement, le concept des nouvelles prisons régionales pour femmes offrait une sécurité statique minimale parce que la recherche et lexpérience internationales soutenaient lutilisation des approches de sécurité dynamique. Puisque les prisonnières posent un risque minimal à la sécurité du public selon la signification de la section 17 des règlements et que, par conséquent, ont des besoins de sécurité moins élevés que les hommes, il devrait y avoir un plus grand nombre dopportunités pour de lexpérimentation progressive à légard des modèles de sécurité dynamique à lintérieur des centres correctionnels pour femmes. Malheureusement, le concept original a été rejeté. Il en résulte que la sécurité statique a été augmentée pour toutes les femmes purgeant une peine fédérale. Il ne peut pas être argumenté que les femmes sécurité minimum ont des besoins de sécurité plus élevés que les hommes sécurité minimum. Lune des critiques historiques fréquentes de la prison pour femmes de Kingston était que toutes les femmes étaient sujettes aux mêmes mesures de sécurité élevées, peu importe leur classification de sécurité. Cette situation a maintenant été reproduite dans les nouvelles prisons régionales. L'ACSEF maintient qu'à tout le moins, les femmes purgeant une peine fédérale classifiées sécurité minimum doivent vivre dans des maisons situées à lextérieur des clôtures des prisons régionales, comme dans le cas des hommes sécurité minimum. Il ny a aucune raison opérationnelle pour laquelle cela ne peut pas être accompli dans les prisons régionales de la même façon que la maison Isabel MacNeil opère à lextérieur des murs de la prison pour femmes de Kingston. En effet, la population totale des femmes de la prison de létat du Minnesota, de sécurité minimum à maximum, avec troubles de santé mentale et en détention préventive, sont toutes logées dans le centre correctionnel sans clôture de Minnesota - Shakopee. Shakopee était une prison que le Groupe d'étude sur les femmes purgeant une peine fédérale et le PFPPF ont utilisé comme modèle pour les nouvelles prisons régionales pour femmes. Femmes avec des besoins en santé mentale Les femmes ne devraient pas se faire attribuer des classifications de sécurité liées à leur identification par le SCC comme ayant des besoins en santé mentale. Plutôt, toute la question de sécurité devrait être évaluée dans le contexte de lenvironnement global de la prison. De plus, le comportement démontré par chaque femme ne devrait pas être évalué en labsence du soutien thérapeutique dont elle a peut-être besoin. Il est fondamentalement inapproprié et injuste dévaluer que des femmes qui ont besoin de sécurité élevée pour des raisons de santé mentale dans des situations où les services thérapeutiques nécessaires ne sont pas disponibles et ne sont pas offerts. Avec l'addition de soutien, de supervision et de structure, plusieurs femmes pourraient être intégrées dans des maisons à lintérieur des prisons régionales. Ainsi, les femmes qui sont identifiées comme ayant des besoins importants en santé mentale, qui rendraient difficile leur intégration dans les maisons avec les autres femmes même avec un soutien additionnel, pourraient vivre ensemble dans un environnement tel que proposé par le docteur Rivera. Dans la "maison de guérison" quelle recommande, le personnel complémentaire quelle suggère inclut le personnel à temps plein suivant: travailleur(se)s de première ligne (nombre non spécifié), un(e) directeur(trice) de programme/clinique, deux thérapeutes à temps plein, un(e) thérapeute de l'expression de l'art, un(e) adjoint(e) administratif(ve). Le docteur Rivera suggère aussi que le personnel à temps partiel suivant soit embauché: un(e) thérapeute pour offrir des services culturels appropriés au besoin, un(e) conseiller(ère) autochtone à temps partiel, un(e) aîné(e), un(e) médecin et un(e) psychiatre. Même si l'établissement pour femmes na actuellement pas ce genre de personnel complémentaire, le SCC était prêt à impliquer d'importantes ressources afin de doter les deux sections qui été planifiées pour lunité de ségrégation à sécurité maximum pour les femmes du centre régional de traitement (CRT) du pénitencier de Kingston. Ces unités ont été conçues pour loger quatorze (14) femmes qui demeuraient à la Prison pour femmes en juin 1997; trois (3) dentre-elles devaient être déplacées à lunité de santé mentale et onze (11) étaient désignées pour aller du côté sécurité maximum de lunité. Les postes à temps plein identifiés pour le pénitencier de Kingston étaient: dix-huit agent(e)s correctionnel(le)s, un(e) superviseur(e) correctionnel(le), un(e) agent(e) de gestion de cas, deux psychologues, deux livreurs de programme, un(e) gérant(e) dunité, un(e) commis, sept infirmier(ère)s et sept technicien(ne)s en science du comportement. La liste du personnel à temps partiel incluait un(e) médecin, un(e) psychiatre, un(e) aîné(e), un(e) agent(e) de liaison autochtone, un(e) agent(e) de récréation et un(e) thérapeute en art. Étant donné lengagement du personnel, ainsi que linvestissement important en capital et en ressources opérationnelles pour lunité dont l'ouverture prévue dans le CRT au pénitencier de Kingston, le point de vue de lACSEF est que de telles ressources pourraient et devraient être redirigées vers les prisons régionales afin doffrir les services requis pour permettre aux prisons de s'occuper des femmes purgeant une peine fédérale de toutes les classifications. Lemprisonnement des femmes identifiées avec des besoins en santé mentale dans les prisons régionales, plutôt que dans des facilités séparées et/ou isolées, rendrait sûrement plus probable l'éventualité quelles soient réintégrées dans la population générale de la prison. De plus, cela augmente la probabilité quelles vivront une transition beaucoup plus facile et moins stressante que si elles continuent d'être obligées de transférer dun établissement à un autre, tel quest l'actuelle situation pour les femmes dans les régions des Prairies et de l'Atlantique. Toute approche qui facilite les phases de transition est une considération extrêmement importante pour les femmes qui sont vues comme ayant des besoins significatifs en santé mentale. Détenues classifiées sécurité maximum L'ACSEF reconnaît que certaines femmes ont un comportement qui rend difficile pour elles lintégration dans la population générale de la prison dune manière sécuritaire pour elles-mêmes et pour les autres. Ce très petit nombre de femmes qui seront évaluées comme détenues nécessitant une sécurité maximum si des critères non pertinents sont exclus du processus de classification, devraient être logées dans les prisons régionales. Afin déviter lapplication dune sécurité excessive aux autres femmes à lintérieur du cadre institutionnel, le point de vue de lACSEF est quil serait approprié de loger les femmes ensemble dans leur propre maison à lintérieur de chaque prison régionale. Tout besoin pour davantage de restrictions, des règlements différents et de structure sera mieux rejoint en augmentant les mesures de sécurité dynamiques tel qu'une interaction accrue et substantielle avec du personnel ayant reçu une formation adéquate. LACSEF croit que la séparation rigide entre la population en sécurité maximum et celle en sécurité moindre qui existe actuellement et que le SCC prévoit de continuer, interfère avec lénoncé de mission, les valeurs fondamentales et les principales stratégies du SCC. Certes, les expériences à ce jour dans les unités séparées de sécurité maximum confirment que les femmes placées dans de telles unités, expérimentent dimportantes difficultés à accéder aux services et aux programmes nécessaires pour leur permettre de résoudre les secteurs identifiés comme des facteurs criminogènes. Par conséquent, les femmes ne sont pas capables de compléter leurs plans correctionnels, elles évoluent beaucoup moins vers les prisons régionales et en fin de compte profitent moins d'une intégration communautaire réussie. Étant donné que nous commençons à voir des femmes remises en liberté directement des unités de sécurité maximum dans la communauté, les inquiétudes augmentent. Il est maintenant très clair que les unités séparées de sécurité maximum rendent lintégration éventuelle des femmes dans la communauté plus difficile. De plus, nous sommes témoins de la création de climats de forte tension dans les unités isolées de sécurité maximum. Ou plus simplement, lenvironnement institutionnel actuel engendre des conflits. Le docteur Rivera note dans son rapport que les femmes en sécurité maximum qui avaient été placées dans lunité améliorée à lÉtablissement correctionnel dEdmonton ont ressenti une baisse de leur statut et de respect de soi en comparaison avec les autres femmes vivant dans les maisons. La création de telles unités séparées de sécurité maximum dans les prisons peut résulter pour certaines femmes de vouloir s'élever à la hauteur de létiquette des prisonnières sécurité maximum en croyant quelles doivent vivre en accord avec leur image. En sus des problèmes évidents de gestion institutionnelle, une telle isolation va invariablement aggraver la probabilité que le reste de la population des femmes purgeant une peine fédérale sera déraisonnablement craintive des femmes en sécurité maximum. Si la séparation est maintenue à la place par des mesures de sécurité dynamiques plutôt que statiques, la sécurité institutionnelle pourrait être adaptée de façon à avoir un impact minimum sur la liberté de mouvement des femmes classifiées sécurité médium ou minimum. Ces femmes peuvent très certainement autrement voir leurs mouvements restreints afin daccommoder les mouvements de la population en sécurité maximum à lintérieur de linstitut. De plus, la sécurité accrue et les unités isolées seraient disponible pour utilisation en période de crise. Elles peuvent aussi être utilisées pour faciliter le processus de transition pour les femmes qui précédemment, ont été gardées dans un environnement de haute sécurité statique. Afin de maintenir un environnement plus structuré pour les femmes sécurité maximum, lACSEF conçoit lamélioration de la disponibilité du personnel complémentaire et nécessaire dans les maisons de sécurité maximum. De plus, pendant que les femmes sécurité maximum se déplacent partout dans la prison, elles seraient probablement accompagnées par du personnel, lorsquelles se déplacent dans la prison en groupe ou individuellement. Des exemples de tel mouvement et circonstances peuvent inclure des visites, médicales ou autre rendez-vous, et des programmes avec dautres femmes à des niveaux de classification de sécurité moins élevés dans la population générale de la prison. Le SCC était tout à fait prêt à consacrer du personnel dans le cadre d'un nombre de mesures de sécurité dynamiques afin de garder les femmes purgeant une peine fédérale séparées de la population masculine au CRT du pénitencier de Kingston. En réalité, ils planifiaient de telles approches de ressources spéciales tel quescorter et déplacer par autobus les femmes de l'aile à la cour, des visites régulières et des visites familiales privées (VFP) dans des roulottes sur place, des activités médicales et de programmes. En résumé, le personnel allait escorter les femmes à tous les secteurs dactivités et demeurer avec elles en tout temps. De plus, on allait exiger du reste du personnel de la prison de garder tous les hommes loin des femmes, incluant loin des fenêtres afin que les femmes ne soient pas vues lorsquelles sont dans la cour dexercice de la prison. Le même niveau de séparation ne serait pas, bien entendu, requis dans les prisons régionales, mais un niveau approprié dattention par le personnel pourrait permettre que les femmes sécurité maximum puissent interagir en toute sécurité à lintérieur des prisons. En conclusion, comme ceux(celles) responsables des services correctionnels pour les femmes dans dautres juridictions internationales l'ont réaffirmé, une partie intégrante de tout plan pour l'hébergement des femmes purgeant une peine fédérale, particulièrement celles en sécurité maximum, consiste en l'opportunité pour elles de participer à une programmation significative. Des opportunités valables demploi et déducation, spécialement de la formation professionnelle, sont quelques-unes des composantes de programmation les plus cruciales requises pour améliorer la probabilité de lintégration réussie des femmes purgeant une peine fédérale dans la communauté. Et comme les expériences dans les prisons pour hommes à sécurité minimum, l'Établissement Shakopee du Minnesota et l'Établissement correctionnel des Plaines Emu dAustralie le confirme, la possibilité dacquérir de nouvelles habiletés et des options de mise en liberté pour fins de travail offre une force de motivation puissante pour les détenu(e)s de travailler à réduire leur niveau de sécurité. 10 mars 1998
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