À l’Établissement Joliette, des projets tout aussi louables furent conçus au niveau de la formation en emploi. Avant l’ouverture de la prison, on anticipait l’ouverture par CORCAN d’un centre de réclamations par ordinateur à la prison. Malheureusement, CORCAN a estimé qu’un plus grand nombre d’hommes bénéficieraient de ce type de programme et le projet fut réalisé dans une prison pour hommes. L’alternative offert aux femmes fut de plier des coins de carton pour protéger les meubles faits par les hommes dans une autre prison. Cette « industrie » a été fermée et remplacée par une industrie de couture où les femmes fabriquent des sous-vêtements pour hommes. Il y a également eu un centre d’appels à Joliette mais, comme avec l’expérience à la Prison des Femmes de Kingston, ce travail s’est avéré très démoralisant particulièrement pour des femmes qui ont une faible estime d’elles-mêmes. Joliette a ouvert des emplois dans l’empaquetage et la distribution d’aliments pour les détenues. En réalité, même à Joliette où il existe le plus d’opportunités de travail pour les détenues, aucune des prisons pour femmes n’offrent des emplois transférables qui permettraient aux femmes de gagner leurs vies et celles de leurs enfants. Une couturière en usine est rarement une femme riche.

À Nova Institution, il y a peu d’opportunités d’emploi outre le programme canin. Nonobstant le fait que les femmes qui participent aiment ce travail, aucune n’a pu obtenir un emploi suite à ce programme.

Outre le travail traditionnel des femmes, souvent non payé, tel que la couture, la cuisine, le ménage, il existe peu d’opportunités pour acquérir de la formation et de l’expérience professionnelles. Dans les rares instances où de telles opportunités existent, elles sont généralement offertes sur une base ad hoc et pour peu de femmes à la fois.

Au niveau de la formation académique, même si toutes les prisons offrent l’éducation des adultes de base ainsi que la mise à niveau, il existe très peu de programmes de formation pour les femmes. Quand ils sont offerts, très peu de femmes y ont accès et la durée est limitée. Depuis les coupures au niveau du financement de l’éducation post-secondaire en 1992, plusieurs femmes qui purgent de longues sentences n’ont pu accéder à la formation post-secondaire alors qu’elle constitue un moyen privilégié pour atteindre leurs objectifs et accroître leur potentiel de réintégration sociale. Une femme incarcérée qui désire poursuivre ses études doit les financer elle-même ou recourir à l’aide de sa famille et de ses amis. C’est précisément pour cette raison que l’ACSEF a établi la Bourse d’Etudes Elizabeth Fry, un fond qui fournit jusqu’à six bourses annuelles de $550.00 pour les femmes détenues au Canada. Le nombre de demandes ne cesse d’augmenter et le ratio de demandes en fonction des fonds disponibles est de 20 pour un. Il est donc clair que si les fonds étaient disponibles, plusieurs femmes sous sentence fédérale choisiraient de s’instruire et d’acquérir une formation professionnelle.

Au niveau du « traitement » et autres programmes thérapeutiques, l’histoire est encore plus désolante. On présume que les femmes sous sentence fédérale ont de nombreux besoins et que ceux-ci surpassent leurs risques au niveau de la réinsertion sociale à leur sortie de prison. Malheureusement, en réalité, les femmes ont accès à très peu de support thérapeutique en prison.



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