Les coûts humains et fiscaux de l’incarcération
-
Le recours à la ségrégation en prison a augmenté depuis
les dernières années. En 1999/2000 il y a eu 238
admissions en ségrégation documentées et en
2001/2002 il y en avait 418.
-
Le coût de l’incarcération d’une
femme dans une prison fédérale est maintenant estimé par
le service Correctionnel à $150,000 par année et
peut aller jusqu’à $250,000 pour les femmes détenues
dans les conditions les plus isolées telles que la ségrégation.
-
Le
coût des options communautaires telles que la probation,
la surveillance communautaire et le travail communautaire varie
entre $5.00 à $25.00 par jour.
-
Le coût de l’incarcération dans une institution
carcérale provinciale de l’Ontario était
de $137.47 par jour en 2001/2002.
-
Les femmes
ayant des problèmes de santé mentale,
particulièrement celles qui s’automutilent, ont souvent
beaucoup de difficultés à s’adapter à la
prison et sont donc plus susceptibles d’être détenues
dans des conditions d’isolement et de ségrégation.
-
Plus
des deux tiers( 71% ) des femmes incarcérées
dans des conditions d’isolement et de ségrégation
et identifiées comme étant en sécurité maximum
ont des passées de tentatives de suicide comparativement à 21%
chez les hommes classés en sécurité maximum.
-
En
2002/2003 quand le nombres de femmes détenues au
fédéral était de 376, les services
correctionnels détenaient 265 femmes en ségrégation
administrative, parmi lesquelles 83 l’ont été pendant
des périodes
de plus de dix jours.
Références
The John Howard Society
of Ontario. Fact Sheet – Provincial Parole
in Ontario: The Case for Renewal. John Howard Society, May 2004.
Correctional Service of Canada. Women Offenders [sic] Who Engage in Self-harm:
A Comparative Investigation. 2002
K. Blanchette and L. Motiuk. Maximum-Security Female and Male Federal Offenders[sic]:
A Comparison. Ottawa: Research Branch, CSC, March 1997.
Canadian Human Rights Commission. Protecting Their Rights: A Systemic Review
of Human Rights in Correctional Services for Federally Sentenced Women.
December 2003.
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L’importance des options communautaires
-
Les dernières décennies ont vu une augmentation
dramatique du nombre de femmes sur le marché du travail.
En 2003, 57% des femmes âgées de plus de 15 ans travaillaient.
Les femmes comptaient pour 47% de la force de travail cette même
année.
-
Nonobstant leur scolarisation,
les femmes sont toujours moins susceptibles que les hommes d’être embauchées,
même si les écarts sont moins grands pour les femmes
plus scolarisées.
-
Depuis 25 ans, il y
a eu une augmentation très grande
des femmes ayant des femmes et qui travaillent. En 2003, 72% des
femmes avec des enfants de moins de 16 ans travaillaient. Toutefois,
les femmes avec des enfants sont toujours moins susceptibles d’être
embauchées que les femmes sans enfant. Les femmes représentent
70% des employés à temps partiel.
-
Nonobstant le fait
que les jeunes femmes sont mieux éduquées
que leur équivalent masculin, (en 2001, 21% des femmes âgées
de 20 à 29 ans étaient des diplômées
universitaires comparativement à 15% des hommes) la majorité des
femmes travailleuses continuent d’occuper des emplois traditionnellement
féminins..
-
En 2003, 70% de toutes
les femmes travaillaient en enseignement, en soins infirmiers
et dans d’autres fonctions reliées
au domaine de la santé, comme commis et autres emplois administratifs,
en vente et services. Quand on regarde la population carcérale,
la scolarisation est beaucoup plus basse. Malgré le fait
que 80% des femmes ont dépassé la 9e année,
chez les femmes incarcérées le pourcentage est
de 50%.
-
En 1996, il y avait
un peu plus de 300,000 places en services de garde pour enfants
en bas de l’âge scolaire au Canada.
Au même moment, 900,000 familles du Canada ayant au moins
un enfant en bas âge et deux parents aptes à travailler,
avaient dans les faits un emploi.
-
Malgré des services sociaux inadéquats, les
jeunes femmes d’aujourd’hui sont jugées en meilleure
posture que leurs mères 2 ans plus tôt. Elles sont
plus éduquées, ont plus de choix, et plus de possibilités
au niveau de leur carrière. Conséquemment, elles
se retrouvent à faire face à plus d’exigences
de la part de leur famille, leurs amis, leur employeur, elle-même
et la société en général.
-
L’apprentissage
de compétences au travail est
considéré comme un facteur important pour le
succès
d’une réinsertion sociale. Or, les femmes incarcérées
ont accès à très peu d’opportunités
valables de travail et de formation professionnelle.
-
Le 22 octobre
2003, 373 agences de placements au Canada déclaraient
desservir 4,358 clients par jour: 77% des femmes et 23% des hommes..
-
La
croissance importante du nombre de femmes en prison peut être
aisément attribué à des phénomènes
mondiaux tels que le démentèlement des services et
programmes sociaux et de santé et le retrait de l’Etat
au niveau de la sécurité sociale. Parallèlement,
l’Etat s’introduit de plus en plus au niveau de la
surveillance, de la criminalisation et de l’institutionnalisation.
Les systèmes de soutien de base pour les femmes diminuent.
Le recours à la pénalisation et à l’incarcération
mène à l’augmentation de la criminalisation
des femmes et des enfants. Statistiques Canada rapporte que les
taux de criminalité baissent alors que la peur du crime
et des femmes criminalisées augmente.
Références
National Fact Sheet from
Victim Services Survey.
Lindsay, Colin, and Marcia Almey. A Quarter Century of Change: Young Women in
Canada in the 1970s and Today. Status of Women Canada, 2004.
The John Howard
Society of Ontario. Fact Sheet – Provincial Parole in Ontario: The Case
for Renewal. John Howard Society, May 2004.
Women in the Workplace – Work
Chapter Updates.
Auditor General Canada.
Report of the Auditor General of Canada to the House of Commons. Ottawa:
Minister of Public Works
and Government Services, 2003.
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Les femmes en Prison
-
Malgré la faiblesse du risque qu’elles posent pour
la communauté, comparativement aux hommes, les femmes sous
sentence fédérale ont été soumises,
historiquement, à un traitement désavantageux et à des
conditions de confinement plus restrictives que les hommes.
-
Plus
de la moitié des crimes pour lesquels les femmes
sont accusées et sentencées au fédéral
sont des crimes non-violents contre la propriété ou
des offenses liées aux drogues. Une des raisons pour lesquelles
les femmes représentent 5% des admissions dans les établissements
fédéraux est qu’elles sont moins susceptibles
d’être condamnées pour des crimes violents
encourant des sentences de plus de deux ans.
-
Le taux de récidive chez les femmes sous sentence
fédérale est d’approximativement 22% comparé à 59%
chez les hommes. Seulement 1 à 2 % des femmes retournent
en prison pour des raisons de récidive. La grande majorité sont
de celles qui sont retournées en prison le sont pour bris
de conditions de leur libération conditionnelle. Le taux
de récidive des femmes libérées de la Loge
de guérison Okimaw Ohci Healing Lodge est encore plus bas.
-
Les
femmes incarcérées sont la population la
plus en croissance au monde, particulièrement les femmes
racialisées, jeunes, pauvres et celles ayant des difficultés
cognitives et de santé mentale. Cette croissance est liée à l’éviscération
des programmes sociaux, de santé et d’éducation.
-
En
2002-2003, pour une population de 376 femmes, il y avait 265
admissions en ségrégation, administrative dont
83 pour des périodes de plus de 10 jours. Ceci est un
exemple de l’ intransigeance des autorités correctionnelles
quand il s’agit de respecter la loi. La ségrégation
ne peut être employée que s’il n’y a
pas d’autres alternatives raisonnables pour isoler une
détenue
( paragraphe 31 de la Loi sur les services correctionnels
et la libération conditionnelles.)
-
La Commission Canadienne
sur les Droits de la Personne ont trouvé que les pratiques correctionnelles violaient les
droits humains des femmes incarcérées ainsi qu’un
impact discriminatoire important puisque les femmes sont plus profondément
affectées par la ségrégation que les hommes.
Les femmes ont tendance à vivre la ségrégation
comme un rejet, un abandon et un déni de leur existence.
La ségrégation ne contribue pas à la réhabilitation
des femmes et elle met souvent en péril leur sécurité et
leur santé mentale.
-
Les femmes autochtones
sentencées au fédéral
et les autres femmes racialisées sont identifiées
plus souvent que les autres comme nécessitant une ségrégation.
Les données du Service Correctionnel du Canada démontrent
que les femmes autochtones, qui comptent pour 28% de l’ensemble
des femmes en février 2003, comptaient pour 35.5% des admissions
involontaires en ségrégation.
-
Women who are classified
as maximum security tend to be so designated because they are
labeled as having difficulty adapting
to the prison (i.e. institutional adjustment), rather than
because they pose a risk to public safety.
-
Plus les droits humains
et les droits protégés
par la Charte des femmes incarcérées sont violés,
plus les conditions de confinement auxquelles elles sont soumises
sont susceptibles de créer des situations qui contreviennent
avec la sécurité des femmes détenues ainsi
que de celle du personnel à l’intérieur de
la prison..
-
Les femmes détenues ont tendance à être
invisibles dans la société en raison de leur petit
nombre.
-
En 2001-2002, plus de
4 des 10 plaintes et requêtes
( celles qui ont un impact significatif au niveau des droits et
libertés des prisonniers) n’ont pas été traitées
dans les délais requis.
-
Bien que plusieurs rapports,
notamment ceux du Groupe de Travail fédéral sur les Femmes sous Sentence fédérale,
la Commission Arbour, la Vérificatrice Générale,
le Comité des Comptes Publics, l’Enquêteur Correctionnel
et la Commission Canadiennes des Droits aient démontré que
les femmes détenues posent un faible risque sécuritaire
et sont moins susceptibles de retourner en prison suite à une
récidive, le Service Correctionnel du Canada continue de
recourir aux mêmes outils d’évaluation des
besoins pour les hommes et les femmes.
-
Parce que le classement
sécuritaire a été conçu
en fonction de standards propres aux hommes, de race blanche, de
classe moyenne, les résultats mènent à des évaluations
discriminatoires pour les femmes qui sont jugées comme étant
des risques sécuritaires élevés. Parmi les
difficultés posées par cette situation, est le fait
que la détention en sécurité maximum signifie
un isolement dans des unités de ségrégation.
Ces femmes détenues, contrairement à celles de niveau
medium et minimum, ne sont pas éligibles aux programmes
de travail, de libération dans la communauté et à d’autres
programmes qui permettraient d’augmenter leurs chances de
réinsertion sociale.
-
Les femmes représentent moins de 5% de la population
carcérale fédérale et la grande majorité purge
une première sentence d’incarcération. En 2001,
82% des femmes sous sentence fédérale purgeaient
une première sentence.
-
Depuis Juillet 2003,
45% des femmes sous sentence fédérale
(374 des 822) étaient en prison et 55% (448) étaient
en surveillance dans la communauté. Pour les femmes autochtones,
la majorité était incarcérée et seulement
40% était en communauté.
-
Les deux tiers des femmes
sous sentence fédérale
sont des mères et elles sont plus susceptibles que les
hommes d’être responsables de leurs enfants.
-
La séparation d’avec leurs enfants et l’impossibilité de
régler les problèmes qui les concernent est une source
importante d’anxiété pour les femmes détenues.
-
Le
recours à la violence par les détenues envers
elles-mêmes ou envers les autres est souvent interprété comme
une expression d’une violence pathologique de la détenue
et entraîne des punitions. Cette approche ne prend pas en
considération le rôle que la prison joue au niveau
de la manifestation de violence..
-
Comparativement aux
hommes, les femmes posent un risque beaucoup plus faible au niveau
de la
communauté à leur sortie
de prison et un risque plus faible de récidive.
-
Près
de 50% des femmes autochtones ne peuvent accéder à la
Loge de Guérison Okimaw Ohci Healing Lodge parce qu’elles
sont classées au niveau sécuritaire maximum. Plusieurs
sont confinées dans les nouvelles unités maximum
des prisons régionales pour femmes et un petit nombre
demeurent incarcérées dans des unités de
ségrégation maximum du Centre Psychiatrique de
Saskatoon.
-
82% de toutes les femmes
déclarent avoir été victimes
d’abus physiques et/ou sexuels. Ce pourcentage atteint
90% chez les femmes autochtones.
-
Les femmes et les hommes
détenues ont tendance à avoir
un niveau de scolarisation plus bas que l’ensemble de la
population canadienne. Bien que plus de 80% des femmes ont plus
qu’une dixième année, les femmes incarcérées
ne figurent que pour 50%.
-
Les femmes incarcérées ont des taux d’emploi
plus faibles que les hommes détenus: en 1996, 80% des femmes
détenues étaient sans emploi au moment de leur admission
comparativement à 54% des hommes.
-
A la lumière des crimes commis par les femmes, celles
qui sont trouvées coupables, sont plus susceptibles que
les hommes d’être sentencées à l’emprisonnement.
Par exemple, 25% des hommes versus 37% des femmes sont incarcérés
pour vol.
-
Le contexte des accusations
de crimes ayant causées
la mort par les femmes est important pour comprendre le risque
qu’elles posent pour la société. Dans plusieurs
cas, les actions étaient défensives ou en réaction à la
violence subie par elles, leurs enfants ou une tierce partie.
Références
Juristat. Statistics Canada, Adult Criminal Court Statistics 2002/2003.
The Correctional Investigator Canada. Annual Report of the Correctional
Investigator 2003-2004. Ottawa: Minister of Public Works and Government
Services, 2003.
Canadian Association of Elizabeth Fry Societies. Submission to the Canadian
Human Rights Commission for the Special Report on the Discrimination on
the Basis of Sex, Race and Disability faced by Federally Sentenced Women.
Ottawa: CAEFS, 2003.
Canadian Human Rights Commission. Submission to the Canadian
Human Rights Commission for the Special Report on the Discrimination on
the Basis of Sex, Race and Disability faced by Federally Sentenced WomenSubmission to the Canadian
Human Rights Commission for the Special Report on the Discrimination on
the Basis of Sex, Race and Disability faced by Federally Sentenced Women. Ottawa: The Canadian Human Rights Commission, 2003.
Native Women’s Association
of Canada. Position on the Human Rights Complaint on Federally Sentenced
Women. Ottawa: NWAC, 2003.
Webster, Cheryl Marie and Anthony
N. Doob. “Classification without
Validity or Equity: An Empirical Examination of the Custody Rating Scale
for Federally Sentenced Women Offenders (sic) in Canada”. Canadian
Journal of Criminology and Criminal Justice. Volume 46, Number 4,
July 2004.
Auditor General Canada. Report of the Auditor General of Canada to the
House of Commons. Ottawa: Minister of Public Works and Government Services,
2003.
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Les personnes autochtones
La
Criminalisation, Sur-Représentation dans le système de Justice
-
D’après le recensement de 2001, la proportion des
peuples autochtones du Canada a augmenté de 4.4% soit 1.3
million de personnes se déclarant d’origine autochtone.
Les personnes autochtones représentent 3.8% de l’ensemble
de la population en 1996.
-
Il y a des différences fondamentales au niveau de
la conception de la justice chez les autochtones et les non-autochtones
Le système de justice Canadien est perçu par les
autochtones comme étranger et inapproprié pour la
résolution de conflits dans les communautés autochtones.
-
Les
différences culturelles au niveau de la justice
mènent à des mésententes au niveau des actions
et des réactions des autochtones devant les tribunaux. Les
juges et les jurés ne comprennent pas leurs mots, leur comportement
et leur langage corporel ce qui peut avoir un impact négatif
sur leur sentence.
-
“Exiger que des personnes se comportent d’une
manière contraire à leurs croyances et valeurs fondamentales
est une attaque à leurs droits et donc profondément
discriminatoire.”
-
La sur-représentation des personnes autochtones dans
le système de justice pénale canadien est sans contredit
le plus bel exemple de l’héritage colonial raciste.
-
L’impact des pratiques discriminatoires est ressenti
encore plus fortement par les femmes autochtones qui sont encore
plus sur-représentées que les hommes dans le système
de justice pénal. Il y a une proportion plus élevée
de femmes autochtones purgeant une peine fédérale
en prison comparativement à celles en surveillance dans
la communauté, comparativement aux femmes non-autochtones.
-
Les
femmes autochtones sont sur-représentées
dans le système correctionnel fédéral. Elles
sont seulement 2% des femmes canadiennes et 29% des femmes en
prison en juillet 2003. En juillet 2003, 60% des femmes autochtones
purgeant une sentence fédérale étaient
en prison.
-
Les jeunes autochtones
sont également sur-représentés
parmi les jeunes personnes criminalisées. La recherche démontre
qu’ils sont criminalisées et incarcérés à un
plus jeune âge et pour des périodes plus longues que
les jeunes non-autochtones. Dans le système de justice pénal,
les jeunes autochtones ont moins d’accès aux conseils
d’un avocat et à des ressources et services communautaires.
-
Les
femmes autochtones et les filles sont très sur-représentées
dans les institutions étatiques et continuent de souffrir
de l’impact humiliant et dévastateur du colonialisme;
des écoles résidentielles, au placement par les services
sociaux, de la détention juvénile et adulte. Les
courants actuels indiquent que le « traitement » deviendra
le nouveau contrôle colonial.
-
Les femmes autochtones
sont sur-représentées
dans la population en sécurité maximum. Elles comptent
pour 46% des femmes classées en sécurité maximum.
35% sont en sécurité medium et 23% en minimum en
2003. Le système de classement sécuritaire a été conçu
pour les hommes et il entraîne un classement élevé non
nécessaire. Le résultat est l’inéligibilité aux
programmes de préparation à la sortie ce qui réduit
leurs chances de succès. Les femmes autochtones, en sécurité maximum,
se voient refuser l’accès à la Loge de Guérison.
-
Les
personnes autochtones sont sur-représentées
dans le système correctionnel en raison de la discrimination
du système de justice envers les autochtones au niveau
des procédures mais également au niveau du code
criminel qui criminalise des actes tels que l’itinérance,
l’intoxication dans les lieux publics, et le vol qui sont
souvent des comportements de personnes pauvres. Les personnes
autochtones sont sur-représentées parmi les pauvres
au Canada. Les systèmes de justice et d’éducation,
même s’ils peuvent améliorer leurs conditions
sociales, sont biaisés envers eux.
La Justice et les conditions sociales
-
"Les personnes
autochtones ont vécu la pire discrimination
raciale envers un groupe au Canada. La discrimination envers les
autochtones a été une politique centrale des gouvernements
canadiens depuis la confédération.
-
La colonisation des
autochtones continue à ce jour non seulement
en raison de la Loi sur les Indiens, le vols de leurs terres, les écoles
résidentielles, mais également en raison de politiques économiques,
de protection de la jeunesse, de services sociaux, de santé et d’éducation.
Le gouvernement administre ces politiques dans le but de contrôler
de plus en plus tous les aspects de la vie des autochtones. L’éducation
a été utilisée comme moyen d’assimilation dans
le passé et continue d’être biaisé au niveau culturel.
Les contenus enseignés dans les écoles sont centrés
sur la culture, l’histoire et la réalité non-autochtones
et plusieurs autochtones sont toujours forcés de quitter leurs communautés
pour aller à l’école secondaire.
-
En 2001, il y avait
un écart de 15 points de pourcentage
entre les résultats scolaires post-secondaires des
canadiens autochtones et non-autochtones.
-
Le système de justice
a joué un rôle majeur
dans la création des conditions sociales pauvres des
communautés
autochtones. Il a échoué à leur fournir
une protection contre l’oppression et a plutôt été un
moyen d’oppression par l’imposition d’écoles
résidentielles, la séparation des familles en
raison des pratiques de la protection de la jeunesse et le
refus d’accorder
le contrôle autochtone dans leurs propres communautés,
Ceci a mené à la désorganisation et à la
pauvreté de ces communautés.
-
Le logement est
sans contredit un devoir fiduciaire et constitutionnel du gouvernement
canadien en raison
des accords contenus dans les traités.
Or, en 1999-2000, 43% des logements dans les réserves sont inadéquats,
nécessitant des réparations, sont sans salles de bain fonctionnelles,
chauffage central et eau propre. Il faudrait au moins 30,000 logements
de plus sur les réserves. Il y a également un problème
de surpopulation et de maladies infectieuses. Ces violations des
droits humains ont été notés par le Comité des
Nations Unies sur les Droits Humains et la Commission Canadienne
des Droits..
-
En 2001-2002, seulement
56% des logements sur les réserves étaient
adéquats. La proportion a diminué de 53% en 2002-2003.
-
En
1999-2000, 43% des logements sur les réserves recevaient l’assistance
sociale (32000 out of 74000).
-
La moyenne des
bénéficiaires a augmenté de
2.6% entre 1998-1999 et 2002-2003.
-
“Historiquement, le système de justice a pratiqué la
discrimination envers les autochtones en sanctionnant légalement leur
oppression. L’oppression des générations passées
a forcé la misère sociale et économique actuelle. Maintenant,
un système apparemment neutre, discrimine contre les générations
d’aujourd’hui en appliquant des lois qui ont un impact négatif
sur les personnes ayant un statut socio-économique plus bas. Ceci
est tout autant discriminatoire, seulement c’esst plus “propre”...Pour
changer la situation, il faudra un engagement réel pour mettre un
terme à l’inégalité sociale dans la société Canadienne...”
La Violence
-
Les agressions
et les homicides par le conjoint sont plus élevés
chez les femmes autochtones que chez les non-autochtones. Le
taux des homicides est huit fois plus élevé.(4,72 par
100,000 couples et 0.58 par coupes pour les années 1991 et 1999).
La Commission Royale sur les Peuples Autochtones (1996) a lié le
taux élevé de
violence dans les communautés autochtones à une discrimination
systémique, une privation sociale et économique, l’abus
des drogues et un cycle de violence remontant à plusieurs générations,
les effets à long terme du colonialisme sur les valeurs traditionnelles
et les ruptures familiales dues aux écoles résidentielles.
-
La
violence contre les femmes autochtones remonte au colonialisme.
Plusieurs communautés étaient matriarcales avant
que la colonisation impose des institutions religieuses, économiques
et politiques patriarcales. Les femmes autochtones subissent à la
fois le racisme et le sexisme. Elles ne sont pas considérées
seulement comme des femmes ou des autochtones mais comme
des femmes autochtones, construites et déshumanisées
par des stéréotypes
racistes et sexistes qui les mettent à risque de
violence physique, sexuelle et émotionnelle.
-
Avant
la colonisation, les femmes autochtones occupaient
une place d’honneur, étant vues comme les plus
proches de la Mère de la Terre et de la Création.
La colonisation, en détruisant les traditions
et les structures autochtones, les a marginalisées
par rapport à leur ancien
statut.
-
Maintenant la discrimination
basée sur
le sexe et la race des femmes autochtones est évidente
dans le manque d’intervention
et de renforcement de la loi face à la violence
contre les femmes.
-
Alors que les
autochtones sont trop contrôlés par la police,
arrêtés et détenus dans des circonstances qui ne
s’appliquent
pas aux non-autochtones, ils sont sans services policiers au
niveau de la prévention et le support.
-
En février 2000, Corinne McKeowen and Doreen Leclair furent
poignardées à mort après cinq appels à l’aide
désespérés qui furent ignorés par la police.
C’est un exemple tragique de manque d’intervention de la
part de la police.
-
La sur-représentation des femmes autochtones dans le système
de justice pénal est liée à leur victimisation, enracinée
dans le colonialisme et sa perpétuation par les pratiques actuelles.
Les femmes autochtones peuvent être accusées quand elles réagissent
aux abus ou quand elles réagissent aux conditions sociales dans lesquelles
elles vivent en raison de la double discrimination qu’elles subissent.
La santé
-
Les lois canadiennes
ont été utilisées pour réprimer
les cérémonies et méthodes traditionnelles employées
par les peuples autochtones pour faire face à leurs difficultés
personnelles. Jusqu’à récemment,, plusieurs étaient
prohibées par la loi. Maintenant qu’elles sont considérées
comme étant légales, elles sont encore dénigrées
par certains. Cette situation a eu un impact important sur le
bien-être
des peuples autochtones.
-
La prévalence du SIDA dans la population
autochtone est en croissance depuis dix ans. Maintenant, les autochtones
comptent
pour 17 à 26% des nouvelles infections au VIH.
-
En 1990, les
autochtones comptaient pour 1% de tous les cas de SIDA au Canada.
En 2001, le pourcentage a augmenté à 7.2%. Pendant
la même période, le taux d’infections à la
tuberculose était
8 à 10 fois plus élevé chez les autochtones que
dans la population générale.
-
En 2001, il
y avait un écart dans l’espérance de
vie entre les autochtones et l’ensemble de la population canadienne
de 6.4 années, En 2000, les pertes de vie par accidents ou blessures étaient
3.5 fois plus élevées chez les autochtones. Dans la même
année, les communautés autochtones avaient 6 fois plus
de cas de tuberculose qu’ailleurs au Canada
Références
A
Statistical Profile on the Health of First Nations in Canada. 2003.
Health Canada.
Aboriginal peoples of Canada: A demographic profile. 2001. Statistics
Canada.
Canadian Human Rights Commission. Protecting Their Rights: A Systematic
Review of Human Rights in Correctional Services for Federally Sentenced
Women. Ottawa: CHRC, 2003.
Correctional Service of Canada, Aboriginal Issues. National Action
Plan on Aboriginal Corrections (Status Report on Current and Planned
List of Aboriginal Initiatives in CSC). Ottawa: CSC, 2001.
Federal-Provincial-Territorial Ministers Responsible for the Status
of Women. Assessing Violence Against Women: A Statistical Profile.
Ottawa: Status of Women, 2002.
Indian and Northern Affairs Canada. Basic Departmental Data 2003.
Ottawa: Indian and Northern Affairs Canada, 2004.
Kenny, Carolyn, Emily Faries, Jo-Anne Fiske and Cora Voyageur. A Holistic
Framework for Aboriginal Policy Research. Ottawa: Status of Women Canada,
2004.
LaRocque, Emma D. “Violence in Aboriginal Communities.” Violence
Against Women: New Canadian Perspectives. Katherine M.J. McKenna and
June Larkin, Eds. Toronto: Inanna Publications and Education, 2002.
Report of the Aboriginal
Justice Inquiry of Manitoba. 1999. Aboriginal Justice Implementation
Commission. <http://www.ajic.mb.ca/volume.html>.
Robillard, Nicole. “911 Death By Indifference in Winnipeg.” Canada’s
Promises to Keep: The Charter and Violence Against Women. Lee Lakeman,
Ed., for Canadian Association of Sexual Assault Centres (CASAC). Vancouver:
JYT Graphics Inc, 2004.
Women and Housing
in Canada: Barriers to Equality. 2002. Centre for Equality
Rights in Accommodation.
Haut de la page

La violence contre les femmes
Contexte
-
La violence
envers les femmes et les filles comprend la violence physique,
sexuelle,
psychologique ainsi que le harcèlement,
les abus de pouvoir et les tentatives de contrôle des femmes
incluant le contrôle financier.
-
Alors
que des femmes de tous les milieux sont vulnérables
face à la violence, certaines le sont davantage notamment
les jeunes femmes et les enfants, les femmes handicapées,
les femmes pauvres, les femmes autochtones et les femmes des
minorités
raciales et ethniques.
-
Les
femmes dans les positions de subordination sociale
ou économique
sont particulièrement vulnérables. De toute évidence,
les femmes immigrantes et réfugiées qui travaillent à domicile
comme domestiques pour un faible salaire, ne connaissent
pas leurs droits ni les services légaux qui leur sont
accessibles. Elles peuvent être menacées de
déportation
si elles dénoncent les abus. Les travailleuses du
sexe sont très vulnérables face à la
violence physique et sexuelle et même au meurtre. Elles
ne reçoivent
pas de support malgré le fait que plusieurs jeunes
ont fui des familles abusives et n’ont pas d’autres
options économiques.
-
Le
recours au concept “d’agression conjugale” obscurcit
la nature de genre de la violence, commise surtout par
les hommes envers les femmes et qui aboutit à des
blessures beaucoup plus graves que dans les quelques
cas de violence commise par
les femmes.
-
Il
y a plusieurs raisons qui expliquent pourquoi
les femmes ont de la difficulté à mettre
un terme à leur
relation abusive. Plusieurs craignent la vengeance,
le manque de ressources financières pour
survivre avec leurs enfants ou encore ont peur
de perdre leurs
enfants. Plusieurs n’ont
pas de soutien de leur famille, de leurs amies ou
de la police. D’autres peuvent être
dépendantes
de leur abuseur en raison de la maladie, d’un
handicap ou parce qu’il est leur répondant
face à l’immigration.
-
La
plupart des incidents de violence contre
les femmes ne sont pas
rapportés à la police. Quand ils le sont,
ils peuvent ne pas être enregistrés et
ne pas mener à des
condamnations. Les sentences sont trop souvent inappropriées.
Il n’y a pas seulement des problèmes au
niveau de l’enquête policière mais également
au niveau des procédures judiciaires et des
pratiques sentencielles. Ceci a nuit à la criminalisation
de la violence envers les femmes.
-
Non
seulement les victimes doivent-elles vivre avec
les traumatismes
qu’elles ont subi, elles doivent également faire
face au sexisme intrinsèque au processus de poursuite
de leurs abuseurs. Dans la cause R v.Tyhurst, les
femmes qui ont été agressées
sexuellement par leurs thérapeutes ont été attaquées
en cour en raison de leurs difficultés au
niveau de la santé mentale.
-
Les
jeunes femmes apprennent à un très jeune âge
l’importance d’être gentilles
et attentionnées
envers leurs pères, leurs frères
et leurs compagnons. Tout écart au niveau
de la personnalité, des ambitions,
du corps, des vêtements et même des
rêves est
considéré comme inacceptable.
-
La
violence contre les femmes peut causer la mort, des blessures,
des incapacités permanentes, des grossesses et des avortements,
des maladies transmises sexuellement, du traumatisme émotionnel
et à plus long terme à des problèmes chroniques
de santé.
-
La violence
contre les femmes affecte la vie de toutes les femmes et
pas seulement celle des victimes. Elle engendre la peur
et cette peur affecte toutes les femmes.
-
Les
relations familiales ayant des valeurs traditionnelles
basées sur un système de croyances modelées
en fonction du genre, peuvent contribuer à orienter leurs
filles sur des trajectoires à faible revenu parce qu’elles
valorisent le mariage et la famille au détriment de l’autonomie
financière.
-
“Nous savons que la pauvreté des femmes comme
conséquence de la discrimination les met à risque
quand elles doivent attendre le bus ou le taxi dans des rues sombres,
louer des logements inadéquats aux étages inférieurs
avec de mauvaises serrures. Cette même pauvreté forcée
les rend facilement dépendantes de partenaires
ou de patrons abusifs.
-
Quand
les gouvernements dans leurs lois, leurs politiques
et leurs procédures traitent les femmes de manière
inéquitable ou ne méritant
pas l’égalité,
le sexisme de l’ensemble de la
société est
renforcé.
-
En
2003, le Canada a été critiqué par
le Comité des Nations Unies
sur ses résultats en
rapport avec la Convention sur l’Élimination
de toutes les Formes de Discrimination
envers les Femmes. Les critiques
comprenaient : la négligence
des femmes, particulièrement
en ce qui concerne les politiques de
bien-être social,
la pauvreté, l’immigration,
le traitement des femmes incarcérées,
le trafic des femmes, le financement
de contestations judiciaires en vue
faire avancer l’égalité et
le financement de centres de crises
et d’hébergement
pour femmes victimes de violence.
-
Les
hommes violents envers les femmes doivent
assumer la responsabilité et
les conséquences de leurs choix. “Aucun enfant ne
pourrait être aux prises avec un tel homme sans la présence
d’une certaine collusion, de coopération et d’indifférence
de plusieurs. Nous ne parlons pas de leurs mères. Nous devons
nous demander qui les a introduits à la pornographie, aux
armes, à l’abus, à être abusifs, à sexualiser
l’abus, à abuser pour une gratification sexuelle.?
Nous ignorons voire même récompensons
leurs actions qui deviennent de plus
en plus terrifiantes.”
-
La
violence basée sur le genre nuit et annule l’expérience
des libertés et des droits humains pour les femmes et empêchent
les femmes de fonctionner en tant que citoyennes à part
entière dans la société.
-
Les
obligations envers les femmes
du Canada, contenues dans la Charte,
sont ignorées par ceux qui sont responsables
des services d’urgence, de l’intervention policière
et de la poursuite judiciaire. Les promesses que la Charte fait
aux femmes est brisée quand il s’agit
des plaintes des femmes victimes
de violence.
-
L’enquête
sur les disparitions et les meurtres de nombreuses femmes à Vancouver
a été menée
de manière “grossement
négligente” tel
que soumis dans la poursuit
civile entamée contre
le gouvernement et la police.
La poursuite fait référence à l’incapacité de
la police à faire une
enquête complète
des événements
qui ont mené aux meurtres
de plusieurs femmes avant l’arrestation
de Robert Pickton le 22 février
2002. Les accusations contre
Pickton remontaient à 1997
mais n’avaient pas été retenues à cause
d’un témoin jugé non
crédible en raison
de son statut de “prostituée
toxicomane”. Plusieurs
des meurtres de femmes dont
Pickton est maintenant accusé étaient
connues de la police pour leur
historique de petits délits.
Le temps qu’il a fallu
pour que la police prenne la
situation au sérieux
et procède à l’accusation
de Pickton en2002 correspond à une
période d’augmentation
significative des cas de disparitions de femmes.
-
La
violence sexiste de Paul Bernardo et
de Robert William Pickton a été facilitée par les erreurs de
la police dues aux chicanes de territoires, l’absence de
coopération entre les départements, l’échec
au niveau du respect des politiques et procédures et l’absence
du simple bon sens. L’incapacité de s’adapter
aux changements technologiques, de faire les analyses d’ADN,
d’enregistrer les preuves et de communiquer au niveau technologiques
a contribué au problème.
-
Bien
que les Canadiens soient conscients
depuis trente ans de la violence faite aux
femmes, la problématique
n’est
toujours pas une priorité au
gouvernement en terme de
politiques et de ressources
ni dans les départements
de la police et ce malgré le
fait que les femmes représentent
52% de la population. Ce
manque d’engagement
se constate dans la faiblesse
du soutien financier et
politique des ressources
qui
oeuvrent en faveur de l’égalité.
Les femmes les plus vulnérables
au Canada sont ciblées
et poursuivies pour fraude
de l’aide sociale
et prostitution. Les victimes
du trafic sont incarcérées
et les femmes qui se plaignent
de la violence sont menacées
d’être accusées
de troubler la paix, de
mépris de cour et
d’autres
accusations criminelles..
-
La
rhétorique gouvernementale sur les questions des
femmes a été utilisée pour justifier des politiques
qui ne permettent pas l’avancement des femmes. L’exemple
le plus récent est celui de l’invasion et les bombardements
menés par les Américains au Moyen Orient.
Statistiques
-
En 2000, les femmes
et les filles représentaient 86% de l’ensemble
des victimes d’agressions sexuelles, 78% des cas de harcèlement
criminel et 67% des victimes d’enlèvements et de prises d’otages.
-
Les femmes et les
filles, victimisées par leurs partenaires,
leurs familles ou des amis/connaissances représentaient 77%
de toutes les femmes victimes en 2000.
-
En 2001, 29% de toutes
les victimes de meurtre étaient des femmes
et 52% d’entre elles furent tuées par quelqu’un auquel
elles étaient mariées ou quelles fréquentaient. La statistique
de correspondance pour les hommes est de 8%. En 2001, un meurtre sur cinq étaient
conjugal, en hausse par rapport à l’année précédente.
-
Le 15 avril 2002,
6286 résidents occupaient des places dans 482
centres d’hébergement pour femmes. 52% étaient des femmes
et 48% étaient des enfants. 73% de ces femmes avaient souffert d’abus
dont 85% d’abus psychologiques, 74% d’abus physiques, 53% de
menaces, 44% d’abus financier, 36% harcèlement et 29% d’abus
sexuel. 66% des femmes avaient été abusées par un conjoint,
10% par un ex-conjoint, 6% par un proche et 6% par un conjoint actuel. 54%
des femmes furent admises avec des enfants dont 70% avaient moins de dix
ans. De ces femmes, 57% protégeaient leurs enfants d’assister à la
violence, 43% les protégeaient contre la violence psychologique, 23%
la violence physique, 21% les menaces et 12% la négligence.
-
Dans 40% des cas
de meurtres d’un conjoint masculin, la police
a déterminé que la victime avait été l’agresseur
initial comparativement à 5% dans les meurtres conjugaux de
femmes..
-
Un historique de
violence conjugale était connu par la police
dans 74% des cas de meurtres conjugaux contre les femmes, 57%
par des conjoints de fait et 41% par des conjoints actuels en 1993
et 2000.
-
Les enquêtes
sur la victimisation révèlent que moins
de 10% des victimes d’agressions sexuelles portent plainte auprès
de la police.
-
Les femmes sont
trois fois plus susceptibles d’être blessées
que les hommes dans le cadre de violence conjugale et cinq fois
plus susceptibles d’avoir besoin de soins médicaux. Elles
sont cinq fois plus susceptibles d’avoir recours à une hospitalisation,
trois fois plus à avoir besoin de temps pour apprendre à vivre
avec la violence subie et deux fois plus susceptibles de vivre
d’autres
agressions.
-
Les femmes représentaient
85% des cas d’assauts en 2002.
Le groupe le plus touché est celui des femmes âgées
entre 25 et 34 ans.
-
Les filles comptent
pour 79% de l’ensemble des agressions sexuelles
en contexte familial en 2002, les plus nombreuses ayant entre 11 et 14 ans.
Les agressions physiques envers les filles augmentent avec l’âge
et sont les plus fréquentes vers l’âge de 17 ans. ( 362
sur 100,000 comparativement à 196 garçons sur 100,000 à l’âge
de 15 ans.)
-
Les femmes représentent 76% des victimes de harcèlement
criminel en 2002, et furent harcelées par un conjoint ou un ex dans
54% des cas. L’âge le plus touché se situe entre 25 et
34 ans. Ces taux ont cru à chaque année depuis 1998 à 2002,
année où les taux avaient augmenté de 26% par rapport à 1998..
-
Les agressions physiques
et sexuelles en contexte familial pour les filles et les garçons ont augmenté entre 1998 et 2002. L’augmentation
annuelle la plus élevée a été atteinte en 2001-2002
avec 14% d’agressions sexuelles envers les filles.
-
Depuis dix ans,
59% des 1717 homicides familiaux ont été commis
sur des femmes et dans 62% des cas, le conjoint était responsable.
Pendant la même période, les victimes masculines comptaient
pour 41% des cas avec seulement 24% commis par des conjointes.
-
De
tous les meurtres commis contre les femmes depuis dix ans,
un tiers a été le
fait du conjoint. Seulement 4% des meurtres contre des hommes étaient
des meurtres par une conjointe.
-
En 2002, 67 femmes
ont été tuées par leur
conjoint comparativement à 16 hommes. Entre 1993 et 2002 les
hommes victimes étaient sept fois plus susceptibles que les
femmes d’avoir initié la violence.
Criminalisation des femmes
-
Les pratiques étatiques
qui punissent les femmes qui résistent
aux abus, telle que la pratique de la tolérance zéro,
contribue à faire
des femmes la population carcérale la plus en croissance au
Canada et dans le monde.
-
Les femmes criminalisées
sont plus susceptibles d’avoir
vécu des abus que les autres femmes et les femmes autochtones
plus encore que les autres. Ces expériences ont des effets dévastateurs à long
terme et peuvent mettre ces femmes à risque d’être
criminalisées.
Ces expériences déterminent également comment
elles vivent l’emprisonnement. La prison peut raviver les expériences
d’abus notamment au niveau de l’aspect du contrôle
et du sentiment d’impuissance face à leurs vies.
-
Avant l’incarcération,
71% des femmes sous sentence fédérale,
avaient vécu l’abus physique et 56% avaient subi l’abus
sexuel.
-
La victimisation
des femmes autochtones sous sentence fédérale
comprend l’agression physique et sexuelles, l’abus émotionnel
et psychologique avant l’incarcération. Il y a eu de nombreux
abus subis en raison des écoles résidentielles, du placement
en famille d’accueil et de l’adoption, du manque de formation
et d’emploi sans oublier l’oppression inter-générationnelle
qui se traduit par une internalisation de l’oppression.
Les femmes autochtones
-
Les agressions
et les meurtres en contexte conjugal sont plus élevés
chez les femmes autochtones que chez les non-autochtones. Les
homicides sont huit fois plus élevés ( 4,72 par 100,000
couples et 0,58 par couples pour les ann ées
1991 et 1999 )
-
La
Commission Royale sur les Peuples Autochtones a établi
le lien entre le taux plus élevé de violence et
la discrimination systémique, les privations socio-économiques,
l’abus
des drogues et alcool et la répétition des cycles
de violence entre les générations. L’effet à long
terme du colonialisme sur les valeurs traditionnelles et sur
la perturbation des familles crée par les écoles
résidentielles
sont également des facteurs.
Références
Canada. Statistics Canada. Family Violence in Canada: A Statistical Profile
(Catalogue Number 85-224). Ottawa: Statistics Canada, 2004.
Canada. Federal-Provincial-Territorial Ministers Responsible for the Status
of Women. Assessing Violence Against Women: A Statistical Profile. Ottawa:
Status of Women, 2002.
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Sheet: Statistics On Violence Against Women In Canada . 2004. Status of Women.
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Promises to Keep: The Charter and Violence Against Women. Edited
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Transition
Home Survey Fact Sheets: Canada . 2002. Statistics Canada.
Why
Law and Order Cannot End Violence Against Women and Why the Development
of Women’s (Social, Economic and Political and Civil) Rights Might
End It. 1999. Canadian Association of Sexual Assault Centres.
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L’importance d’intervenir au niveau des effets à long terme des abus et des traumatismes
-
30% des enfants
ont vécu des abus physiques, émotionnels
et des problèmes cognitifs et de santé mentale. Les
effets vont de la dépression à l’anxiété aux
retards de développement. Les enfants abusés sont
susceptibles d’apprendre à fonctionner en développant
des problèmes émotifs et d’ajustement tels
que la violence et l’agressivité.
-
Seulement 10%
des agressions sexuelles envers les femmes sont rapportées à la police. La raison étant que
ces agressions arrivent souvent dans des contextes où l’abuseur
est en position d’autorité et de confiance par rapport à la
victime.
-
Les femmes
sous sentence fédérale ont des taux
plus élevés d’abus sexuels pendant l’enfance,
habituellement l’inceste qui s’est déroulé sur
de nombreuses années et parfois par plusieurs prédateurs.
Elles ont également un taux plus élevé de
re-victimisation aux mains d’hommes violents. Ainsi, la seule
présence d’hommes procédant au décompte
lorsqu’elles sont couchées, l’obligation de
parler avec des hommes de leurs abus, le fait d’être
surveillées par des hommes et fouillées en leur présence
occasionnent une re-victimisation des femmes en prison
-
Les femmes
et les filles sont plus vulnérables aux
agressions physiques et sexuelles. 40% des femmes handicapées
ont été violées, abusées et agressées.
-
La
majorité des femmes autochtones ont été agressées.
Les femmes autochtones et racialisées sont souvent exposées à des
agressions motivées par le racisme ainsi qu’à la
violence et les abus de pouvoir.
-
Les filles
sont les cibles de la violence dans les familles plus que les
garçons. Quatre victimes d’inceste
sur cinq sont des filles. (79%)
-
63% de l’ensemble des agressions
sexuelles rapportées à la
police touchent les filles de moins de 18 ans.
-
Nonobstant
cette réalité. Il y a peu de programmes
et de services de soutien accessibles aux femmes détenues
pour les aider à vivre avec les effets de ces abus.
-
Les taux élevés de problèmes de santé mentale,
d’automutilations, de dépressions et de suicides chez
les femmes détenues exigent qu’une analyse suffisante
soit faite de leurs besoins de traitement sans que cela conduise à des
degrés plus élevés de classement sécuritaires
pour celles qui ont des besoins élevés.
Références
The FREDA Centre for Research on Violence against Women and Children.
Violence Against Girls: Statistical Highlights. Vancouver: FREDA.
Canadian Institute for the advancement of Women. CRIAW Fact Sheet.
No. 6-2004. Ottawa: CRIAW.
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Les jeunes femmes et La Loi sur la Justice des Jeunes
-
La nouvelle loi sur La Justice des Jeunes,
proclamée le
1er avril 2003 a remplacé de la Loi sur les Jeunes Délinquants.
La nouvelle loi accorde à la cour une discrétion
quant à l’imposition de sentences « adultes » et étend
cette discrétion à partir de l’âge de
14-15 ans. A date, aucune jeune femme n’a reçu de
sentence adulte.
-
Le service
Correctionnel du Canada persiste à ne pas
reconnaître le besoin d’hébergement, de programmes
et de services pour les jeunes prisonniers. Bien que plusieurs
admettent qu’ils sont mal équipés pour répondre à leurs
besoins, les jeunes continuent d’être isolés.
La position officielle est que les programmes déjà conçus
pour l’ensemble des détenus sont adaptés
pour les jeunes.
-
Les crimes
violents commis par les jeunes femmes retiennent l’attention des média. Leurs actions sont considérées
comme étant des déviances par rapport aux normes
sexuelles de la société. Les filles sont plus susceptibles
d’être envoyées en prison pour des crimes
mineurs à cause de leur vulnérabilité économique
et de l’inégalité..
-
Contrairement à la perception du public face au système
de justice pour les jeunes perçu comme trop laxiste, la
sévérité des dispositions du système
a augmenté. Avant la nouvelle loi, le Canada emprisonnait
les jeunes quatre fois plus que les adultes et 10 à 15 fois
plus que dans les pays européens.
-
La discrimination
dans l’imposition des sentences envers
les jeunes femmes est courante. Elles sont plus susceptibles d’être
détenues “pour leur protection” sur la bases
d’offenses administratives et non criminelles telles que
le bris de condition de probation, de liberté surveillée
ou pour avoir omis de comparaître.
-
Les jeunes
autochtones sont toujours sur-représentés
dans les admissions décrétées par la cour.
-
L’itinérance est associée à plusieurs
activités de survie des jeunes qui sont de plus en plus
susceptibles d’être criminalisées. Un petit
nombre d’études canadiennes indiquent queles filles
et les femmes sont moins susceptibles que les hommes à s’engager
dans des activités criminelles et à être incarcérées.
-
Les
jeunes sans abri, qui vendent leurs corps pour survivre et ceux
qui font la manche ou qui se tiennent en groupes courent
un plus grand risque d’être criminalisés.
Références
The Correctional Investigator Canada. Annual Report of the Correctional
Investigator 2003-2004. Ottawa: Minister of Public Works and Government
Services, 2003.
Status of Women Canada. On Her Own: Young Women and Homelessness in
Canada. 2002.
Aboriginal Justice Implementation
Commission – Final Report.
June 29, 2001.
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Les pauvres et la justice
-
80% des femmes
sont incarcérées pour des crimes à caractère économique.
-
En
2003, les barèmes d’aide sociale pour les
familles monoparentales au Canada variaient autour de 48% sous
le seuil de la pauvreté en Alberta et autour de 71% à Terre
Neuve et au Labrador. Pour les personnes seules les barèmes
sont encore plus bas, variant entre 20% au Nouveau Brunswick et
44% à Terre Neuve et au Labrador.
-
Les familles
monoparentales sous la responsabilité d’une
femme ont le revenu annuel le plus bas parmi les familles canadiennes.
Leur revenu moyen de $34,357 est 43% de moins que celui des familles
constituées de deux adultes avec des enfants ($79,983)
et 71% des familles monoparentales sous la responsabilité d’un
homme.
-
Les hommes
gagnent plus que les femmes tant au niveau des salaires, des
investissements,
des revenus de retraite et des
autres sources de revenus. Une femme reçoit en moyenne
$13,873 de moins que les hommes en salaire et $7,463 de moins
en revenus de retraite.
-
L’écart le plus significatif entre les sexes
au niveau des seuils de pauvreté est entre les hommes et
les femmes âgés. 21% des femmes âgées
vivent dans la pauvreté comparativement à 11% des
hommes âgés.
-
Une des principales
raisons qui expliquent les bas revenus des femmes canadiennes
et de ce fait, leur plus
grande pauvreté,
est le fait qu’elles constituent forment la majorité des
travailleurs à temps partiel. (70%) L’idée
que les femmes abandonneront leur travail ou travaillerons à temps
partiel pour s’occuper des enfants a un impact direct sur
les revenus d’une vie ainsi que sur l’éligibilité des
femmes aux programmes gouvernementaux tels que le régime
de pension et d’assurance emploi.
-
Le revenu d’aide sociale des familles monoparentales
ne représente que 39% des estimations établies.
-
Le budget
fédéral de 2003 accordait au département
de la Défense Nationale 1.6 milliard en argent neuf pour
2003-2005. Au même moment, 41% des femmes seules, 49% des
femmes âgées seules, 43% des femmes autochtones et
37% des femmes de couleur vivaient dans la pauvreté.
Références
National Council of Welfare Reports. Welfare Incomes 2003. Volume
# 121, Spring 2004.
Canadian Institute for the Advancement of Women. CRIAW Fact Sheet.
No. 6-2004.
The Canadian Centre for
Policy Alternatives. The CCPA Monitor – Women’s
Income and Poverty Index. Vol. 11, No. 2, June 2004.
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La santé et le VIH/SIDA
-
Malgré le fait que la plupart des femmes classées
en sécurité maximum en prison ont des problèmes
cognitifs et de santé mentale et sont considérées
par les autorités correctionnelles comme étant difficiles à gérer
en population générale, il n’existe pas de
différences marquées en terme d’adaptation
entre ces femmes et les autres..
-
Le
VIH/SIDA fut reconnu comme un problème de sécurité international
par le Conseil de Sécurité des Nations Unies
en janvier 2000.
-
Les infections
au VIH parmi les femmes en prison en 2001 étaient
plus élevées que chez les hommes détenus.
(4.7% v. 1.7%)
-
Alors
que les hommes homosexuels demeurent le groupe le plus affecté, l’épidémie a gagné du
terrain parmi les populations les plus vulnérables telles
que les autochtones, les prisonniers, les utilisateurs de drogues
injectables, les jeunes, les femmes et les peuples des pays où le
VIH est endémique.
-
En
2001, les taux d’infection à l’hépatite
C étaient plus hauts chez les femmes détenues
que chez les hommes (41.2% v. 23.2%)
-
Les
pratiques d’injection non sécuritaires et
les activités sexuelles non protégées avec
un utilisateur de drogues sont les facteurs de risque les plus
importants pour l’infection au VIH.
-
En
2003, une étude sur les femmes sous sentence fédérale
rapportait que 19% utilisaient des drogues injectables en prison.
-
La
plupart des détenus seront éventuellement
libérés dans la communauté. Le taux d’infection
constitue un risque pour la santé publique en plus d’être
un risque pour les personnes présentement incarcérées.
-
Dans
plusieurs pays du monde, y compris au Canada, les taux
de VIH et d’infection à l’hépatite
C dans la population incarcérée sont beaucoup plus élevés
que dans la population générale.
Ceci s’explique
par la criminalisation des utilisateurs de drogues
et le manque d’accès à des
pratiques sécuritaires
en prison et dans la communauté.
-
Alors
que les résultats de nombreuses études
indiquent clairement la nécessité de
programmes qui réduisent le risque de
la transmission du VIH parmi les utilisateurs
de drogues injectables en prison, le gouvernement
canadien est toujours réticent à implanter
un programme d’échange de seringues.
Cette réticence est
due en partie à celle du personnel
correctionnel.
-
Les problèmes de santé mentale auxquels sont
confrontées les femmes incarcérées au fédéral
sont importants et ont tendance à être différents
de ceux des hommes. Plusieurs femmes sont des survivantes d’abus
et les conséquences ont un impact sur leur santé mentale.
Plus de femme incarcérées au fédéral
ont reçu des diagnostics de maladie mentale et ont un
taux plus élevé d’auto-mutilations et de
tentatives de suicides que les hommes incarcérés.
Dans plusieurs cas, les femmes se font du mal à cause
de la détresse de l’emprisonnement.
Références
Canadian Institute for the Advancement of Women. CRIAW Fact Sheet.
No. 6-2004.
Canadian Human Rights Commission. Protecting Their Rights: A Systemic
Review of Human Rights in Correctional Services for Federally Sentenced
Women. December 2003.
Canadian HIV/AIDS Legal Network. Prison Needle Exchange: Lessons
from a Comprehensive Review of International Evidence and Experience.
Correctional Service of Canada. Infectious Diseases Prevention and
Control in Canadian Federal Penitentiaries 2000-2001. Ottawa: Correctional
Service of Canada, 2003.
The Correctional Investigator Canada. Annual Report of the Correctional
Investigator 2003-2004. Ottawa: Minister of Public Works and Government
Services, 2003.
Government of Canada. The Federal Initiative to Address HIV/AIDS
in Canada: Strengthening Federal Action in the Canadian Response
to HIV/AIDS. Ottawa: Minister of Public Works and Government Services,
2004.
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