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Parmi les détenues fédérales qui purgent une sentence-vie pour meurtre, les femmes autochtones et de minorités visibles sont désavantagées en raison du racisme systémique qui se révèle dans leurs conditions de détention telles que le classement sécuritaire et le traitement disciplinaire, ce qui influence leurs chances de libération conditionnelle et donc la longueur de leur emprisonnement. Compte tenu de ce que nous connaissons du racisme systémique, illustré par la discipline à lintérieur des prisons, la culture dans les prisons fédérales et le non-respect de la loi tel que révélé par les commentaires de la Juge Arbour dans son rapport sur les évènements à la Prison des femmes de Kingston, nous savons que le racisme se propage des décisions prises par la police, la Couronne et les juges à ceux qui administrent les sentences demprisonnement et les conditions des libérations conditionnelles dans les prisons fédérales. De plus, les handicaps cognitifs et psychiatriques pèsent lourd aussi dans le processus de classification, le plan correctionnel et laccès à la libération conditionnelle. Il nest donc pas étonnant que les recherches révèlent que le recours à des sentences minimum dincarcération sadressent spécifiquement à ces groupes minoritaires. Les femmes qui déclarent avoir tué un conjoint violent ne sont pas crues et font face à un déni misogyne ainsi quà une absence de support légal, social, économique pour leur défense. À la perspective de perdre leurs enfants pour des décennies sajoute la perte destime de soi et de confiance que provoque la violence des hommes contrôlants. Les femmes accusées de meurtre au premier degré sont systématiquement désavantagées dans leur capacité de combattre laccusation sur la base de la légitime défense. En raison de lobligation dune sentence minimum demprisonnement à vie, la tendance est de plaider coupable à une accusation dhomicide, de sorte à avoir accès à une sentence déterminée par le juge plutôt quà un minimum obligatoire. Les sentences longues en prison peuvent avoir des effets plus désastreux sur les femmes des minorités ou sur celles ayant des problèmes cognitifs et/ou de santé mentale. Les perspectives demploi seront dautant plus difficiles après une longue sentence. Comme elles sont plus susceptibles dêtre les seules responsables de leurs enfants, elles sont plus susceptibles de vivre la perte de leurs enfants et lanxiété quant à leur bien-être. LAssociation Canadienne des Sociétés Elizabeth Fry croit que les sentences minimum demprisonnement contribuent à la discrimination systémique par le fait quelles exigent des avocats de recourir à des mesures extraordinaires pour éviter à leurs clients dêtre condamnés pour des offenses qui commandent des peines dincarcération minimum. Plusieurs des problèmes associés avec la légitime défense et la défense de provocation sont des distorsions causées par lexistence de la peine minimum demprisonnement à vie dans les cas de meurtre. Les accusés, les avocats et les juges sont obligés de construire des défenses telles que «le syndrome de la femme battue», «lavance homosexuelle», la «panique homosexuelle», les «défenses culturelles» et la «rage» pour éviter la sentence-vie, même quand de telles défenses ont des impacts négatifs au niveau social et violent la Charte sur le plan des droit des victimes et des groupes sociaux tels que les femmes, les gais et lesbiennes et les personnes de groupes raciaux. La solution la plus appropriée serait de se défaire de lobligation de la peine minimum demprisonnement pour meurtre. LAssociation Canadienne des Sociétés Elizabeth Fry soppose dautant plus aux sentences minimum demprisonnement quelles entraînent la croissance de la population carcérale au Canada, tout particulièrement les femmes. Nous savons bien que les femmes ne sont pas devenues du jour au lendemain plus violentes. Les sentences minimum produisent de linégalité parce que les juges sont forcés dimposer des sentences obligatoires, quelles que soient les circonstances atténuantes. Pour les femmes et les autres groupes démunis, cette obligation ignore les oppressions systémiques qui produisent des «criminels» et même la responsabilité individuelle. Par exemple, les femmes qui ont tué un conjoint violent et plaidé coupables à un homicide ont, après larrêt Lavallée en 1990, reçu des sentences suspendues et/ou des sentences communautaires sur la base du fait que leur violence sexpliquait par leur responsabilité morale en tant que femmes battues. Une nouvelle législation sur le recours aux armes, passée en 1995, exige que le juge impose une sentence minimum dincarcération dans une prison fédérale dau moins quatre ans pour tout accusé coupable dun crime violent envers une personne si une arme a été utilisée. Ceci simpose même quand il existe des circonstances atténuantes de violence à long terme des femmes qui tuent leurs agresseurs. La reconnaissance légale de tels facteurs, obtenue de dure lutte par le mouvement des femmes, est annulée par le recours à la sentence minimum. Le degré moral de la faute nentre plus en considération dans limposition de la sen-tence. Conséquemment une femme qui tire dune arme à feu sur son conjoint et dont laction nest pas considérée comme relevant de la légitime défense peut recevoir une sentence plus longue que lhomme qui bat à mort sa femme. Ainsi le nombre de femmes purgeant une peine demprisonnement à vie a crû de 12% à 14% à la fin des années 1980, à près de 22% dix ans plus tard. LAssocia-tion Canadienne des Sociétés Elizabeth Fry attribue ce résultat à limpact de la peine minimum obligatoire demprisonnement à vie pour meurtre. Une tendance similaire existe aux États-Unis où le recours aux peines minimum a eu un impact dramatique au niveau de laugmentation de la population des femmes détenues. |
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