Le système carcéral est un microcosme de la société canadienne, ce qui implique que les femmes autochtones incarcérées partagent le même passé d'injustice et d'inégalité que les Autochtones vivant hors des murs. Sans une reconnaissance de cette discrimination et une approche spécifique visant à en corriger les effets, particulièrement au sein du système de justice pénale et des systèmes correctionnels, les problèmes suivants persisteront:
Les femmes autochtones représentent actuellement 30 % de la population totale des femmes détenues sous responsabilité fédérale, alors qu'elles ne forment que 3 % de la population canadienne.
Voir: CCDP, Profil des femmes purgeant une peine fédérale, http://www.chrc-ccdp.ca/Legis&Poli/ReportFSW_RapportFSF/Documentdeconsultation.asp, Section 2.2
La surreprésentation est encore plus marquée parmi les détenues classées à niveau de sécurité maximum, où les femmes autochtones représentent habituellement entre 40 % et 60 % de la population. La plupart du temps, cela résulte d'un système de classification qui les pénalise pour des carences sociales et communautaires sur lesquelles elles n'ont aucun contrôle.
Les femmes autochtones ont 14 % moins de chances d'être remises en liberté conditionnelle dans la collectivité que les femmes non autochtones. Les programmes de formation professionnelle et les créneaux éducatifs disponibles ne sont pas adaptés aux besoins particuliers des femmes autochtones.
Bien qu'il existe un pavillon de ressourcement pour les détenues autochtones sous responsabilité fédérale, sa capacité ne dépasse pas 30 femmes et il y a habituellement de 80 à 90 femmes autochtones dans les prisons fédérales. La plupart des détenues autochtones se voient donc exclues du Pavillon de ressourcement Okimaw Ohci. De plus, en raison du racisme inhérent au système de classification, trop de femmes autochtones sont classées à un niveau de sécurité maximum. Nombre d'entre elles sont présentement confinées dans les nouvelles unités d'isolement à sécurité maximum des prisons régionales pour femmes, tandis que d'autres subissent une ségrégation du fait d'être confinées dans des unités de sécurité maximum au sein de prisons pour hommes.