Les programmes de formation, d'éducation et de thérapie ne correspondent pas aux besoins des femmes détenues dans les prisons canadiennes. Bien que la quantité, la qualité et la variété des programmes offerts aux hommes purgeant une sentence fédérale soient bien supérieures à ceux des femmes, l'ACSEF ne voit pas l'utilité de comparaisons simplistes entre les programmes offerts aux hommes et aux femmes. Il importe plutôt d'étudier les besoins et les intérêts particuliers des femmes pour leur assurer une égalité de fait, et permettre aux détenues de progresser vers une réintégration réussie dans la société.
Il n'existe pratiquement aucun programme préparant les femmes à un travail concret. Dans plusieurs cas, on met l'accent sur des habiletés traditionnellement « féminines » comme la cuisine, le ménage et la couture. Lorsque des programmes progressistes existent, les places y sont souvent très limitées ou l'équipement et les techniques enseignées sont dépassés. Pour des exemples de programmes qui ne fonctionnent pas, voir le Mémoire de l'ACSEF
L'accès limité à la formation professionnelle et aux programmes éducatifs entrave directement la capacité des femmes à répondre aux conditions de leur « plan correctionnel ». Il en découle des délais fréquents pour l'obtention de toute forme de libération conditionnelle.
Les programmes de formation adaptés aux besoins des femmes handicapées sont encore plus rares. L'accès au counseling thérapeutique est très limité. En outre, les traitements thérapeutiques offerts comportent souvent un aspect coercitif.
Beaucoup de femmes autochtones n'ont pratiquement accès à aucun programme ou service quel qu'il soit, sans parler de programmes adaptés à leurs besoins culturels. Et comme les femmes autochtones sont surclassifiées au niveau de sécurité maximum, elles bénéficient d'encore moins de programmes pertinents.