Une fois en prison, le besoin en santé mentale devient un facteur de risque. Lincapacité physique et/ou mentale fait partie des facteurs qui doivent être évalués en vue de déterminer le niveau de classement sécuritaire. Ceci ne signifie pas que la présence de tels facteurs entraîne automatiquement un classement sécuritaire plus lourd. Cependant certains problèmes de santé mentale créent des incapacités réelles pour les femmes et ce faisant pour le service correctionnel. Malheureusement en créant une équivalence entre lincapacité due à la santé mentale et le risque, on ne fait que perpétuer la perception sociale que les personnes ayant des problèmes de santé mentale sont dangereuses. Cest exactement ce genre de stéréotype qui est prohibé par la Charte des Droits. Plusieurs femmes qui ont des problèmes de santé mentale ne présentent pas de risques tel que stipulé à la section 17 des règlements de la Loi sur les services correctionnels. Se servir des besoins de traitement en santé mentale comme motif pour accroître le classement sécuritaire à un niveau maximum impose à ces femmes un traitement plus dur. Cest clairement discriminatoire et contraire à la section 15(1) de la Charte. Conséquemment, lAssociation Canadienne des Sociétés Elizabeth Fry continue de sopposer à la criminalisation accrue des femmes ayant des problèmes de santé mentale. Enfin lAssociation Canadienne des Sociétés Elizabeth Fry, de concert avec dautres groupes, travaille pour contrer la criminalisation des femmes violentées. En réponse à la pression sociale pour rendre les hommes plus responsables face à leurs actes de violence, on a vu se développer depuis un certain temps des politiques de tolérance zéro non différenciées selon le sexe qui ont permis daccuser les femmes à leur tour. Les femmes sont souvent accusées si elles ont réussi à réagir et à se défendre contre les agressions ou les menaces de la part de conjoints violents quelles dénoncent à la police. Ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne les femmes autochtones et de minorités raciales. |
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