Il fut réitéré à plusieurs reprises que parce qu'ils ne sont pas autorisés à faire des fouilles à nu ou d'autres procédures dites « invasives », les détenues préfèrent certains hommes aux femmes agents correctionnels. De plus, les premiers groupes d'hommes embauchés pour travailler dans les prisons pour femmes furent de fait des personnes positives, gentilles et pleines de considération. Ceci semble constituer un des rares exemples où le SCC a choisi de suivre l'opinion des femmes qui furent consultées. Nous reconnaissons le fait que certaines femmes affirment n'avoir aucune difficulté avec l'idée que des hommes travaillent en première ligne avec elles. Mais il est également vrai que le nombre de femmes qui ont vécu des abus, majoritairement aux mains d'hommes en position d'autorité, est une raison suffisante en soi pour cesser les pratiques actuelles d'embauche. Nous avions fait part de notre opinion dans une lettre du 4 novembre 2004 incluse en annexe 1. En réponse à notre opposition aux prétentions du SCC quant à l'absence de problèmes de harcèlement et de discrimination de la part du personnel masculin à l'égard des détenues, on nous a demandé des précisions quant à la nature, aux lieux, aux circonstances et aux noms se rapportant aux allégations « d'activités criminelles » que nous faisions. Il va sans dire que quand la commissaire en titre a menacé d'appeler la police pour enquêter sur ces allégations, de nombreux parallèles furent tirés entre le vécu des femmes détenues et celui de celles d'entre nous qui travaillons avec ces femmes. Nous n'avons reçu aucune réponse de l'administration correctionnelle suite à notre lettre. En février de cette année, nous avons reçu la version finale de la réponse du SCC au rapport de la Commission sur les Droits de la Personne. L'ensemble de notre coalition fut déçue par cette réponse mais pas surprise. Nous avions déjà fait l'expérience de réponses symboliques et inadéquates. Ce qui a déçu encore plus la Coalition, c'est l'apparente abdication de son rôle par la Commission Canadienne des Droits de la Personne. L'ACSEF, l'Association Canadienne des Femmes Autochtones (NWAC) et Strenght in Sisterhood (SIS) ont collectivement exprimé leur étonnement par rapport à la réaction de la Commission devant l'absence de réponse du SCC quant aux correctifs urgents qui étaient recommandés en vue de contrer la discrimination systémique vécue par les femmes incarcérées au Canada. La Commission semble davantage intéressée à apaiser le gouvernement qu'à remplir son mandat de protection des Canadiens contre le traitement discriminatoire et la violation des droits humains. |
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