Suite aux interventions de Strenght in Sisterhood et de Women4Justice, la coalition a insisté sur l'urgence de fermer les unités de sécurité maximum des prisons pour femmes et de réviser les dossiers de toutes les femmes, particulièrement les femmes qui sont classées à un niveau de sécurité maximum et donc détenues en ségrégation. La directrice de Nova et les commissaires ont accepté de revoir, à tout le moins, le cas des quatre femmes incarcérées dans l'unité de sécurité maximum de Nova. Les commissaires ont accepté que les cas de deux femmes autochtones, considérées par le SCC comme étant les plus dangereuses et difficiles à gérer, soient également révisés dans une perspective de réduction de leur classement sécuritaire et d'augmentation de leur potentiel de réinsertion sociale. La directrice de Nova a déclaré qu'elle préférerait fermer l'unité maximum pour pouvoir utiliser cet espace comme unité d'orientation. Le SCC n'a distribué sa réponse au rapport de la Commission Canadienne des Droits de la Personne que quelques jours avant la réunion. Nonobstant ce court délai, les membres de la coalition l'avaient lu et estimaient en grande majorité que le SCC n'avait pas pris au sérieux la nature et l'étendue des recommandations que la Commission avait fait dans son rapport Protecting Their Rights : A systemic review of human rights in correctional services for federally sentenced women. De plus, le recours par le SCC aux services d'un homme blanc à titre d'animateur lors de la réunion, a entraîné un surcroît de problèmes liés à son incompréhension des enjeux et des préoccupations exprimés pendant la réunion. Un exemple important fut son incompréhension de l'inégalité de pouvoir entre le personnel et les détenues, particulièrement dans le cas des femmes autochtones, racialisées et celles ayant des problèmes cognitifs et de santé mentale. Au coeur des interventions de l'ACSEF lors de cette réunion se situait la nécessité de considérer la nature profondément discriminatoire du système de classement sécuritaire et le changement fondamental du système d'emprisonnement des femmes qu'une telle perspective entraînerait. Une autre préoccupation de l'ACSEF et des autres organismes de la coalition pour l'égalité, était la nécessité d'avoir des mécanismes de contrôle indépendants et externes de sorte à rendre les autorités correctionnelles imputables face à un ensemble de normes en termes de droits humains et de ses obligations prévues dans la Charte Canadienne des Droits de la Personne. Sans doute la preuve la plus frappante du fossé séparant le SCC des « parties intéressées » fut la réponse du Service au dernier point à l'ordre du jour de la réunion. Le sujet fut celui de l'emploi d'agents correctionnels masculins dans les prisons pour femmes. Il va sans dire que le SCC n'a pas changé sa position sur cette question nonobstant les recommandations du responsable chargé de superviser l'implantation de cette politique et de la Commission Canadienne des Droits de la Personne. Le SCC croit que la décision de permettre aux hommes de travailler en première ligne auprès des femmes détenues est avant-gardiste. Les représentants du SCC présents à la réunion ont même affirmé qu'il n'y avait eu aucune préoccupation ni problème avec cette politique et que les femmes elles-mêmes aimaient le fait d'avoir des hommes qui travaillaient avec elles. |
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