Assemblée générale annuelle,
Truro Nouvelle-Écosse, le 5 juin 2003
Rapport de la directrice générale

L’ASSOCIATION CANADIENNE DES SOCIETES ELIZABETH FRY

Priorités d’action et initiatives en réforme du droit

Il semble juste que nous soulignions notre 25e anniversaire en tenant notre assemblée annuelle en prison avec les femmes pour lesquelles nous travaillons et existons. Malheureusement, bien que nous souhaitions voir la fin du recours à la criminalisation et à l’emprisonnement en guise de réponse aux problèmes sociaux, nous assistons à un courant en sens opposé. La dernière décennie a vu le nombre de femmes purgeant des sentences de deux ans et plus croître de plus de 500% dans notre pays. Les défis sont nombreux alors que nous sommes témoins de la croissance exponentielle de la marginalisation, la criminalisation et l’emprisonnement de femmes partout ici et ailleurs dans le globe. Le rapport suivant présente les activités et les défis de la dernière année ainsi que les perspectives de travail pour notre association.

1- Les contestations des lois et des politiques

a) La révision systémique par la Commission Canadienne des Droits de la Personne

En début d’année, l’ACSEF a finalisé sa soumission à la Commission Canadienne des Droits de la Personne (CCDP) et le 28 janvier 2004, presque trois ans après la plainte de l’ACSEF quant au traitement discriminatoire des femmes détenues par le gouvernement Canadien, la Commission publia un rapport spécial. Le rapport intitulé Protéger leurs droits : une révision systémique des droits humains dans les services correctionnels pour les femmes détenues, la Commission fait 19 recommandations pour des changements étendus quant à la manière que le Service Correctionnel pourrait corriger la discrimination systémique vécue par les femmes purgeant des peines de plus de deux ans.

A travers le rapport, la Commission souligne les conséquences tragiques de la manière déficiente par laquelle les femmes sont évaluées. Les femmes autochtones et celles avec des difficultés de santé mentale sont particulièrement surclassées, souvent détenues dans des conditions d’isolement et de ségrégation. La diminution du nombre de femmes classées à un niveau de sécurité maximum signifierait que ces femmes pourraient être réintégrées dans la communauté plus rapidement. L’ACSEF continue donc de faire pression sur le Ministère de la Sécurité Publique pour qu’il agisse en introduisant un nouveau système de classement des femmes et des stratégies alternatives à l’emprisonnement qui sont nécessaires à un changement dans l’évaluation et le classement des femmes.

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