Recommandation no 8 : Organiser et financer une consultation nationale sur la défense des biens auprès des groupes de femmes et des groupes autochtones qui possèdent une expertise dans la défense des protestataires autochtones devant les tribunaux.
   
D. Donner suite aux recommandations formulées suite à l'Examen de la légitime défense
   
Avant d'entreprendre des réformes majeures de ces moyens de défense, il serait aussi très important que le gouvernement fédéral donne suite aux recommandations formulées par la juge Ratushny dans son Examen de la légitime et qui ne portaient pas sur le Code criminel. Celle-ci recommandait que les procureurs du ministère public suivent des protocoles les obligeant à tenir compte de toute preuve indiquant que le recours à la violence était nécessaire pour se défendre dans le cas des femmes accusées d'avoir tué un partenaire violent. Elle a de plus indiqué que seule une accusation d'homicide involontaire coupable devrait être portée si le procureur est disposé à accepter un plaidoyer de culpabilité à une telle accusation.

Or, le procès Kondejewski à Brandon, Manitoba en 1998 (arrêt non publié), et le procès Getkate à Ottawa à l'automne 1998 (arrêt non publié), indiquent que certains procureurs ne suivent pas cette recommandation, ni dans sa lettre ni dans son esprit, avec pour résultat un gaspillage énorme de ressources et beaucoup de stress et de détresse pour les accusées. Dans les deux cas, il y avait preuve de violence ou de menaces antérieures de la part de l'homme décédé. Dans l'affaire Kondejewski, la preuve était accablante et provenait de plusieurs sources ; dans l'affaire Getkate, la preuve reposait sur les déclarations faites par l'accusée à un psychiatre appelé comme témoin à charge et le fait que le défunt ait placé des charges de dynamite dans la maison pour la faire exploser. Dans les deux cas, le ministère public a été intransigeant et a tenu à porter des accusations de meurtre au premier degré. Dans les deux cas, le juge présidant le procès a exclu le meurtre au premier degré dans ses directives au jury. Dans le procès manitobain, l'accusée a été complètement acquittée, alors que dans celui d'Ottawa, elle a été déclarée coupable d'homicide involontaire coupable, mais condamnée à une peine d'emprisonnement avec sursis.

L'ACSEF estime que ces affaires démontrent un abus de pouvoir de la part du ministère public. Aucune accusation n'aurait dû être portée, ni contre Kim Kondejewski, ni contre Lilian Getkate, à la lumière de la preuve des menaces qui pesaient sur elles. Tout au plus auraient-elles dû être accusées d'homicide involontaire coupable, leur évitant ainsi les risques élevés d'un procès pour meurtre au premier degré.
 

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