Les motifs pour interjeter appel des décisions prises à cet égard doivent inclure les violations présumées des droits garantis par la Charte. De plus, les décisions prises par la Commission des libérations conditionnelles doivent être sujettes au contrôle judiciaire automatique si des violations de la Charte sont alléguées.

Recommandation no 2 : Abandonner les règles d'inadmissibilité à la libération conditionnelle s'appliquant aux personnes reconnues coupables de meurtre.
   
Recommandation no 3 : Permettre le prolongement de la période d'inadmissibilité à une libération conditionnelle pour les personnes reconnues coupables de meurtre seulement en fonction d'une stricte norme de preuve, lorsque le jury en fait la recommandation au juge et lorsque les raisons justifiant cette décision sont données par écrit.
   
Recommandation no 4 : Faire en sorte que les décisions en matière de libération conditionnelle ou relatives à l'inadmissibilité à une libération conditionnelle puissent automatiquement faire l'objet d'un contrôle judiciaire ou être portées en appel lorsqu'une violation de la Charte est alléguée.
 
C. Entreprendre des recherches et des consultations
   
La réponse de l'ACSEF au document Réforme des moyens de défense visés par le Code criminel est conditionnée par deux importantes lacunes qui doivent être comblées par le ministère de la Justice avant d'aller de l'avant avec une réforme de la loi plus ciblée.

En premier lieu, il existe très peu de recherches et d'analyses sur l'application réelle des règles de droit relatives à la légitime défense, à la défense des biens et à la provocation. Même s'il est vrai que nous avons amplement accès aux arrêts publiés où ces moyens de défense ont été soulevés, nous savons aussi que ces arrêts ne représentent que la pointe de l'iceberg et qu'ils ne donnent pas toujours un portrait fidèle de la réalité. Nous ne savons pas, par exemple, combien d'hommes et de femmes sont inculpés par la police d'homicide involontaire coupable plutôt que de meurtre en lien avec la mort d'un partenaire intime lorsqu'il existe une preuve de légitime défense ou de provocation. Nous ne savons pas à quelle fréquence la police décide de ne porter aucune accusation du tout contre les propriétaires qui tuent pour protéger leurs biens. Nous ne savons pas ce que signifie la défense des biens dans le contexte d'un différend relatif aux revendications territoriales des peuples autochtones. Nous ne connaissons pas les statistiques sur les plaidoyers d'homicide involontaire coupable en lien avec ces moyens de défense. Nous ne savons pas combien d'acquittements et de condamnations sont prononcés lorsque ces moyens de défense sont invoqués lors du procès. Enfin, nous ne savons pas quel impact ont les différents types de preuve, d'arguments et de directives au jury sur les acquittements et les condamnations.
 

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