8. Tolérance accrue pour les peines de prison minimales obligatoires
     
Enfin, l'ACSEF estime qu'en tolérant l'imposition d'une peine minimale obligatoire en cas de meurtre, on rend plus acceptable l'imposition de peines minimales pour d'autres infractions. La nouvelle peine minimale obligatoire de quatre ans d'emprisonnement pour les infractions impliquant l'usage d'une arme à feu en fournit un exemple, comme les nombreux projets de loi d'initiative parlementaire qui, en réaction de panique aux reportages dans les médias, proposent de nouvelles peines minimales pour certains délits et certains délinquants.

La nouvelle peine minimale obligatoire imposée pour les infractions impliquant des armes à feu a été introduite sans grand débat public ou justification, tout en étant enterrée dans la législation sur le contrôle des armes à feu. Elle visait à apaiser les propriétaires d'armes à feu en punissant sévèrement les « vrais » criminels - ceux qui utilisent des armes à feu pour commettre un autre délit (Doob, 1999). Ces peines minimales, tout comme la peine minimale obligatoire pour meurtre, ne sont essentiellement que des solutions politiquement opportunistes à des problèmes sociaux graves ayant des implications tant morales que légales.

Recommandation no 1 : Abolir la peine minimale obligatoire d'emprisonnement à perpétuité pour les meurtres au premier et au deuxième degré, ainsi que toutes les autres peines minimales obligatoires.
 
B. Abandonner les règles d'inadmissibilité à une libération conditionnelle s'appliquant aux personnes reconnues coupables de meurtre
   
L'ACSEF affirme qu'en l'absence d'une peine minimale d'emprisonnement à perpétuité pour meurtre, il n'y aurait aucune justification pour conserver les périodes actuelles, extrêmement longues, d'inadmissibilité à la libération conditionnelle pour les personnes reconnues coupables de meurtre. On devrait appliquer les mêmes règles que pour toutes les autres infractions conformément aux dispositions de la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition.

En outre, parce que le meurtre est un délit qui est susceptible de déclencher les appels hystériques en faveur du " maintien de l'ordre " et de laisser libre cours aux partis pris et aux préjugés, des mesures spécifiques doivent être prises dans le processus de libération conditionnelle afin de protéger les droits fondamentaux, garantis par la Charte, des personnes emprisonnées pour meurtre. En particulier, la période d'inadmissibilité à la libération conditionnelle ne devrait être prolongée au-delà de la période fixée conformément aux dispositions de la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition qu'en fonction d'une stricte norme de preuve, lorsqu'un jury en fait la recommandation au juge et lorsque les raisons justifiant cette décision sont données par écrit.
 

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