Une justice qui se débarasse des jeunes

Cette année s’achève dans l’attente du rapport du comité parlementaire sur la justice et les droits humains portant sur le projet de loi C-3 et la Loi sur les jeunes délinquants. L’Association Canadienne des Sociétés Elizabeth Fry a déposé un mémoire en février de cette année et, nonobstant certains amendements positifs, s’inquiète que l’absence de ressources dans la communauté entraîne un sabordage des éléments progressistes comme ce fut le cas avec la première loi sur les jeunes délinquants.

De plus, le nombre croissant de jeunes femmes dans les systèmes de justice fédéral et provincial nous préoccupe. À moins que le ministre résiste aux appels pour des mesures plus punitives envers les jeunes et privilégie une plus grande éducation du public sur les dangers de pénaliser et d’incarcérer de façon excessive nos jeunes, nous ne sommes pas près de voir un changement dans cette tendance régressive en matière de justice pour les jeunes.

Dans le but d’encourager le comité parlementaire à examiner les effets désastreux et les coûts humains de déférer nos jeunes au système de justice pour adultes, l’Association Canadienne des Sociétés Elizabeth Fry a invité une jeune femme qui en avait fait l’expérience à faire une présentation devant le comité parlementaire. Voici le résumé de son histoire.

Le cauchemar d’une jeune femme: l’histoire de K

K est une jeune femme du Manitoba, la province qui défère le plus de jeunes vers le système adulte. K fut arrêtée quand elle avait 16 ans. Elle conduisait une auto de laquelle un jeune homme tira un coup de feu sur une personne. Elle fut arrêtée et envoyée à la prison provinciale pour femmes Portage. En raison de son âge et de la publicité entourant le crime, K fut placée en isolement dans l’une des pires unités de ségrégation du pays pour attendre son audience en vue d’un transfert à la cour adulte.



Page précédente Page titre Page suivante