l'Association Canadienne des Sociétés Elizabeth Fry
Rapport Annuel 1997-98


RAPPORT DE LA PRÉSIDENTE

1997-1998 a été une année de défis forts exigeants pour l’ACSEF. Nous avons connu des succès et des déceptions. Je crois que la solidarité entre les bénévoles et le personnel de notre organisation nous permettra de faire face aux défis futurs aussi bien que par le passé. Pendant ma présidence à l’Association canadienne des Sociétés Elizabeth Fry, j’ai pu compter sur l’aide dévouée de notre directrice générale, Kim Pate et des membres du Comité de direction, Dawn McBride, Mollie Both et Margaret Shaw.

Cette année, l’une de nos priorités fut la décision du Service correctionnel du Canada de transférer les femmes classées à sécurité maximum dans des prisons pour hommes ou dans l’autres établissements. Nos efforts de négociation à ce sujet avec le Service correctionnel du Canada ont échoué et, sous les conseils du Conseil d’administration de l’ACSEF, nous avons entrepris des procédures légales. Notre action ainsi que celle des femmes de la Prison pour femmes de Kingston, ont réussi à empêcher le SCC de déplacer les femmes au Pénitencier de Kingston. Nous désirons arriver au même résultat pour les femmes des autres régions.

En 1997-1998, après plusieurs années de travail, quatre (4) femmes ont bénéficié d’un redressement suite aux recommandations du comité d’Examen de la légitime défense. L’ACSEF s’engage à s’assurer que d’autres femmes ayant été emprisonnées pour s’être défendues contre des partenaires abusifs, recevront aussi justice. Nous allons continuer de faire un suivi auprès du ministre et du ministère de la Justice en ce qui concerne les recommandations de la réforme législative sur la défense des femmes battues. Nous sommes très fières de notre travail jusqu’à ce jour dans ce dossier et nous continuerons à plaider pour la remise en liberté des femmes qui ont été emprisonnées pour s’être défendues contre des partenaires abusifs.

En 1996, le Conseil d’administration a décidé d’entamer un processus de régionalisation. Nous sommes extrêmement satisfaites des résultats de ce processus. En effet, grâce au dévouement impressionnant de nos représentantes régionales et des bénévoles à travers le pays, la régionalisation de l’ACSEF s’est effectuée sans difficulté majeure.

Dans la dernière année, Kim Pate, notre directrice générale et les représentantes régionales, ont visité toutes les prisons régionales, la loge de guérison Okimaw Ohci et la Prison pour femmes de Kingston. Kim Pate continuera à visiter la Prison pour femmes de Kingston à tous les mois et ce, jusqu’ à la fermeture. Le processus de régionalisation a mis l’emphase sur le besoin de communication et je suis fière de déclarer que les représentantes et les agences régionales ont travaillé fort pour faire avancer nos objectifs de régionalisation par des rapports réguliers sur toutes questions d’intérêt.

Lorsque le temps le permet, je visite aussi les prisons et je continue à représenter l’ACSEF au Kekuwemkunawuk et auprès des Gardiens du Cercle de la vision à la loge de guérison Okimaw Ohci. L’ACSEF continue de souligner les succès et les leçons tirées de l’expérience des aînées, des femmes, du personnel et des membres de la communauté de Nekaneet qui appuient la loge. Nous continuons à encourager le Service correctionnel du Canada à en tirer profit et à suivre l’exemple de la loge de guérison Okimaw Ohci au chapitre de la direction, de la formation du personnel et des approches d’intervention. Je crois que le SCC a beaucoup à apprendre de son personnel autochtone, des partenaires non gouvernementaux et des femmes détenues.

Cette année, nous allons aussi continuer à insister afin que soient mises en pratique toutes les recommandations du rapport de la juge Arbour suite à la Commission d’enquête sur les événements survenus à la Prison pour femmes de Kingston. Les membres de l’ACSEF continuent à être extrêmement déçus par le manque de réponse face aux recommandations de la juge Arbour. Le Service correctionnel du Canada continue à contrevenir à la loi et à ne pas respecter les droits et privilêges des détenues. Malheureusement, il y a toujours un refus de reconnaître leur responsabilité, leur imputabilité face aux comportements et à l’inaction à la Prison pour femmes, dans les prisons régionales et dans les unités isolées à sécurité maximum pour femmes dans les prisons pour hommes. Cette enquête demeure une priorité pour l’ACSEF et nous allons continuer à exiger une réponse de la part du gouvernement.

Notre comité d’action sociale a été débordé de travail et a travaillé sur des questions telles que l’isolement, le classement, la dotation selon le sexe, la santé mentale, les stratégies communautaires et la réforme législative. Je continue d’être impressionnée par l’engagement professionnel de notre personnel et de nos bénévoles par rapport à ce dossier.

En conclusion, j’aimerais dire que je suis toujours optimiste au sujet de la mise en place de recommandations qui ont été avancées par des enquêtes tel que l’Enquête Morin, et j’attends toujours avec impatience la mise en pratique des recommandations de la juge Arbour. Je suis aussi optimiste face aux relations avec le Service correctionnel du Canada et en particulier avec le Solliciteur général, le Commissaire du Service correctionnel et la Sous-commissaire pour les femmes. Encore une fois, je félicite le personnel et le réseau pour une autre année de travail et d’engagement exceptionnels. Je continue d’être inspirée par les femmes et le travail de l’ACSEF et je me rappelle le travail d’Elizabeth Fry qui a dit:

« When the builds a prison,
thee had better build with
the thought ever in thy mind
that thee and thy children
may occupy the cells. »

Elizabeth Fry (1780 - 1845)

C’est un honneur et un plaisir de siéger à titre de présidente de l’Association canadienne des Sociétés Elizabeth Fry.

RAPPORT DE LA TRÉSORIÈRE

Je suis très heureuse d’annoncer qu’une fois encore l’ACSEF termine cet exercice financier dans les limites du budget et en ayant accompli beaucoup. Grâce à l’aide financière du ministère du Solliciteur général et aux dons de particuliers et d’organismes, nous sommes en mesure de poursuivre notre travail. Cette année, le personnel a travaillé fort pour trouver des sources de financement alternatives afin de diversifier la provenance de nos revenus. Malheureusement, en dépit des demandes de ressources pour l’achat d’équipement et la formation des membres de l’ACSEF, les efforts pour aider les membres à s’informatiser n’ont pas encore obtenu de succès.

Veuillez consulter les états financiers vérifiés de l’ACSEF, à la suite de ce rapport, afin d’obtenir de plus amples renseignements quant à notre situation financière. En résumé, nous sommes impatientes de relever de nouveaux défis et de réaliser notre mandat, qui consiste à travailler avec et au nom des femmes aux prises avec la justice pénale. Même si nous devons, avec les mêmes ressources, couvrir un ordre du jour sans cesse plus grand, nous sommes fières de l’habileté de notre personnel à gérer nos ressources dans le respect du budget approuvé par les membres de l’ACSEF et le Conseil d’administration.


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