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l'Association Canadienne des Sociétés
Elizabeth Fry Le gouvernement refuse encore de venir en aide aux femmes battues qui se sont défendues En septembre 1997, presque sept (7) ans après la décision Lavallée de la Cour suprême du Canada et le début du travail de lACSEF sur le dossier de la défense des femmes battues, le gouvernement a fait connaître sa réponse suite à lExamen de la légitime défense de la juge Ratushny. En octobre 1995, la juge Ratushny a reçu le mandat dexaminer les cas des femmes purgeant actuellement des peines fédérales allant jusquà lemprisonnement à vie pour sêtre défendues et/ou pour avoir défendu leurs enfants contre des partenaires violents. LACSEF et dautres groupes nationaux de femmes avaient accueilli favorablement cette annonce et avaient hâte de participer aux discussions portant sur les réformes législatives à long terme et les changements systémiques nécessaires pour permettre lobtention dune protection légale pour les femmes qui subissent des abus, qui se défendent ou qui contre-attaquent. Même si lACSEF était déçu par le fait quaucune femme nait été réellement remise en liberté suite à lExamen de la légitime défense, nous avons accueilli favorablement la décision du gouvernement de rendre public le rapport de la juge Ratushny et doffrir un redressement à cinq femmes. Le simple fait que le Ministre de la justice et le Solliciteur général ont suivi les recommandations de la juge Ratushny, démontre limportance des contributions et des examens externes du système de justice pénale pour corriger les injustices et refléter les développements en matière de loi et de politique sociale à légard de lapplication de la loi sur la légitime défense aux femmes battues qui se défendent. La juge Ratushny a été nommé par les ministres afin deffectuer un examen indépendant des cas des femmes battues déclarées coupables de meurtre ou dhomicide involontaire pour sêtre défendues contre des partenaires violents. Afin de remplir son mandat dexamen de la légitime défense, la juge Ratushny a demandé laide, la contribution et lanalyse dun conseiller juridique, des procureurs généraux provinciaux, des officiels du Ministère de la justice, du Ministère du Solliciteur général, des professeurs en droit, des groupes de pression indépendants pour légalité, des intervenants de première ligne contre le viol, des travailleurs en maison dhébergement et aussi des femmes reconnues coupables. À lautomne 1995, à la suite de sa nomination, la juge Ratushny a révisé les cas de 98 femmes. Elle a suggéré un redressement pour 7 femmes. Après avoir reçu les recommandations de la juge Ratushny, le gouvernement a demandé lopinion des procureurs généraux provinciaux. Les recommandations de la juge Ratushny ont donc été modifiées suite aux interventionx des bureaucrates. LACSEF et dautres groupes pour légalité ont critiqué fortement le gouvernement pour avoir soumis les recommandations de la juge à des tiers. Les enquêtes actuelles sur les condamnations de David Milgaard et de Guy Paul Morin mettent certainement en évidence le problème doffrir lopportunité aux procureurs généraux provinciaux dexpliquer aux ministres les mérites de leurs anciennes poursuites judiciaires. La juge Ratushny a invité de telles autorités à lui offrir directement leur perspective pendant le cours de son examen des cas des femmes. Les autres consultations nauraient pas dû être permises par les ministres. Si les ministres mettaient en doute la validité des conclusions juridiques et des recommandations de la juge Ratushny, ils auraient dû fournir une analyse complète et minutieuse de ses résultats dans les 98 cas. Après tout, sils nétaient pas daccord avec elle dans les sept cas, ils ont donc sûrement mis en doute les évaluations juridiques des 91 autres femmes pour lesquelles elle na pas recommandé de redressement. La juge Ratushny a effectué une analyse juridique et un examen très minutieux et rigoureux de chaque cas de ces femmes. Par conséquent, lACSEF est extrêmement déçu et découragée par le fait que les ministres nont pas suivi les recommandations de la juge Ratushny pour des redressements sauf pour lune des sept (7) femmes. En réalité, la seule recommandation acceptée a été celle dune femme dont le dossier sera soumis à la Cour dappel du Manitoba. LExamen de la légitime défense était une initiative importante qui démontrait lengagement du gouvernement à examiner le fonctionnement du système de justice pénale. Pendant plusieurs années, le gouvernement sest opposé à cette initiative par crainte que celle-ci crée un chaos dans le système et ouvre la porte à des examens additionnels. En réalité, le système ne sest pas et ne sécroulera pas en résultat de cet examen. Cependant, lexamen a mis à jour lurgent besoin de réforme du système de justice pénale et la juge Ratushny a attiré lattention sur plusieurs possibilités de réforme législative. LACSEF et dautres groupes pour légalité reconnaissent le besoin de réforme des provisions relatives à la légitime défense et continueront à faire pression sur le gouvernement pour quil mette en pratique les propositions de réforme législative. LACSEF sattend à ce que le gouvernement développe des mesures afin dassurer plus davantages pour les femmes battues dans lavenir. LACSEF croit que maintenant la lutte pour la réalisation des recommandations de réforme législative de la juge Ratushny sera pilotée par les groupes de femmes pour légalité. Un tel leadership garantira plus déquité. [Francais][English] [E-Mail: kpate@web.net] |