Communiqué de presse

Les prisons sont des expériences non réussies [surtout pour les femmes]

Date : Le 14 mai 2003 – Ottawa – Le 8 mars 2001, l’Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry (CAEFS) ainsi que l’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) ont écrit à la Commission canadienne des droits de la personne (CCDP) au sujet de la violation des droits de la personne telle que vécue par les femmes dans les prisons canadiennes. La CCDP a décidé de mener une revue systémique diversifiée et d’émettre un rapport spécial sur le traitement des femmes détenues au Canada. Cette revue a attiré l’attention aux plans national et international. En février, des groupes qui revendiquent l’égalité ont présenté des soumissions orales à la Commission. Hier, 11 organismes ont soumis des mémoires à la Commission, demandant la fin du traitement discriminatoire envers les femmes.

« Le gouvernement canadien n’a pas réussi à remédier aux violations continues et très bien documentées des droits de la personne sur les détenues, contre lesquelles on exerce de la discrimination fondée sur le sexe, la race et l’incapacité », fait part le Dr. Ailsa M. Watkinson, présidente de l’Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry. « En dépit des obligations internationales et de la reconnaissance que le Canada a une obligation spéciale envers les détenues, surtout les femmes autochtones, le droit pénitentiaire et les politiques discriminent de façon flagrante contre toutes les femmes, et de façon plus marquée contre les femmes autochtones et les femmes ayant des incapacités », poursuit le Dr. Watkinson.

« Par exemple, si vous êtes une autochtone cela veut dire qu’on vous perçoit comme présentant un risque plus élevé, si vous êtes démunie cela veut dire qu’on vous perçoit comme présentant un risque plus élevé, si vous avez une incapacité cela veut dire qu’on vous perçoit comme présentant un risque plus élevé. Tout ceci a pour effet de classifier les femmes à un niveau de sécurité plus élevé, donc si vous êtes une femme autochtone démunie qui a une incapacité, ils jettent littéralement la clé », ajoute Kim Pate, directrice générale de l’Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry. « Encore pire, elle a plus de chance de passer la plus grande partie, sinon la totalité de sa peine en isolement et il se pourrait qu’elle ne soit jamais remise en liberté », dit Pate.

« La Commission a reçu des rapports au sujet de femmes qui ont passé virtuellement la totalité de leur peine, certaines plus de 10 et 15 ans, dans des conditions de ségrégation, isolées des autres détenues, avec un accès limité aux services et aux programmes, et qui vivent dans des cellules de la grandeur de la salle de bain de la majorité des gens », poursuit Kim Pate.


Retour à l'indexe de ACSEF Page Suivante